RDC: un an de violences dans le Lubero

En République démocratique du Congo, l'attaque de dimanche contre un site de déplacés hutus, qui a fait plusieurs dizaines de morts, est la plus meurtrière depuis un an. Le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, appelle la population au calme et promet que justice sera faite. Depuis un an et le début du repli des FDLR, les attaques contre les camps ou les sites de déplacés, majoritairement hutus, se multiplient. Pour la communauté hutu, aucun doute, il s'agit là d'une guerre aux motivations politiques et relents ethniques, ce que le gouverneur de la province dément.



C'était il y a un an quasi jour pour jour : l'attaque d'un groupe armé du chef de guerre Guidon contre le quartier général des FDLR, et en représailles, la localité de Buleusa brûlée par les rebelles hutus rwandais. Depuis dans cette portion du territoire de Walikale, comme dans le Sud-Lubero où se trouve le site de déplacés de Luhanga, des milices d'autodéfense anti-hutus ont fait leur apparition.
 
On se souvient aussi quelques semaines plus tard, en janvier, du massacre de Mikiri (17 civils tués) pour lequel des rebelles hutus rwandais ont été pointés du doigt. Cette attaque a été suivie par des représailles des Maï-Maï Mazembe contre un site de déplacés. Des déplacés hutus congolais accusés de se mettre sous la protection ou même d'être de mèche avec les FDLR.
 
Depuis, entre l'offensive militaire contre les FDLR et les attaques de groupes armés, ce sont plus d'une quinzaine de camps ou de sites de déplacés majoritairement hutus qui ont été directement visés ou affectés par les combats.
 
Des représentants de la communauté hutu dénoncent des attaques aux motivations politiques et relents ethniques. L'objectif, selon eux, serait de renvoyer les Hutus vers leurs territoires d'origine pour éviter l'élection de députés provinciaux hutus.
 
Pour le gouverneur de la province Julien Paluku, lui-même nandé et mis en cause par des leaders hutus, il n'y a pas de conflit ethnique entre communautés hutu et nandé. Le cas de Luhanga le démontre, selon lui, puisqu'une position de l'armée a été attaquée, puis le site de déplacés. 

Rfi.fr

Mardi 29 Novembre 2016 - 12:16



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