Raid de Boko Haram au Cameroun: une partie des otages libérés

La journée de dimanche a été marquée par une nouvelle incursion de Boko Haram au nord du Cameroun. Des centaines de combattants du groupe islamiste ont attaqué deux villages proches de la ville de Mokolo dans la région de l'Extreme-Nord. Ils ont réussi à enlever des dizaines d'otages. 24 d'entre eux ont été libérés. L'attaque a fait trois morts et les deux villages ont été complètement détruits.



Des membres du groupe Boko Haram dans une vidéo d'avril 2014. AFP PHOTO / BOKO HARAM
Des membres du groupe Boko Haram dans une vidéo d'avril 2014. AFP PHOTO / BOKO HARAM

Les attaquants sont arrivés par centaines, tôt dans la matinée dimanche dans la région de Mokolo, dans l’extrême nord du Cameroun. Repoussés pas les troupes de l'armée camerounaise, ils s'en sont alors pris aux deux villages de Mabassa et Maky, pillant, saccageant les maisons et prenant près de 80 personnes en otage, pour la plupart des femmes et des enfants. Les soldats de l’armée camerounaise les ont pourchassés et une vingtaine d’otages ont pu être libérés.

Beaucoup d'habitants de la zone, mais aussi des policiers et gendarmes en poste dans les localités proches de la frontière, ont commencé à fuir à l'intérieur des terres afin de mieux se protéger de ces raids. Il s'agit de la plus importante prise d'otages en territoire camerounais réalisée par les insurgés islamistes.

Déploiement de l'armée tchadienne

Ces violences sont intervenues alors que le Tchad déploie depuis samedi son armée sur le sol camerounais  pour participer à un plan régional de lutte contre le groupe armé. Pour le porte-parole du gouvernement camerounais, si les assaillants de Boko Haram tentent de passer la frontière c'est pour se ravitailler. Et ça ne va pas durer, car les pays de la région sont désormais unis pour les contrer, explique-t-il : « Aussi longtemps que nous n’irons pas les attaquer dans leur forteresse, ils garderont toujours leur avantage. Mais ils savent désormais que l’armée camerounaise, qui s’y frotte s’y pique, souligne Issa Tchiroma Bakary. Ils ne peuvent plus franchir nos frontières et que quand bien même ils le feraient, c’est impossible de s’installer au Cameroun. Les forces tchadiennes viennent désormais se battre aux côtés des forces camerounaises pour faire face à cette agression. Tous les pays de la ligne de front, à savoir le Cameroun, le Tchad, le Niger, le Bénin, plus le Nigeria, sont sur le qui-vive. »

Le but de l'intervention tchadienne serait de reprendre la ville de Baga, une ville stratégique du nord-est du Nigeria, et tombée aux mains du groupe islamiste début janvier. 400 véhicules militaires tchadiens sont ainsi entrés en territoire camerounais, accompagné d'hélicoptères de combat, et pourraient ensuite entrer au Nigeria si besoin. Abuja a assuré que tout soutien à ses opérations contre Boko Haram sera le bienvenu.


Rfi.fr

Lundi 19 Janvier 2015 - 09:48



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