Ramadan et politique : Les acteurs soignent leur langage

Le mois de Ramadan est une période spéciale dans la vie des musulmans. Moment de dévotions et de pardon, il l'est aussi pour les acteurs politiques qui en profitent pour prendre du recul. Entre langage modéré et discours courtois, les acteurs politiques essayent tant bien que mal de coller à l'esprit de ce mois sacré. Toutefois certains d'entre eux révèlent ne pas faire de différence entre le ramadan et les autres mois de l'année. Libération a donné la parole à des acteurs politiques.



Ramadan et politique : Les acteurs soignent leur langage
Youssou Touré, Secrétaire d’Etat à l’Alphabétisation, responsable APR

« Le Ramadan est un moment très fort de piété, de pardon et de réflexion pour le musulman. La politique est ce qu’elle est mais le ramadan nous permet de retourner vers Dieu. La vie n’est pas éternelle donc il nous faut avoir des comportements avec des conséquences moins graves. La vie c’est douze mois, mais le ramadan est un moment d’introspection. Au Sénégal, on confond foi et prière. On prie et dix minutes après, on insulte, on s’attaque à des gens par perversion mentale. Il est vrai que nous avons des insuffisances, mais rien ne sert de tirer dessus. Il faut éviter le mercenariat et bien se comporter vis-à-vis de nos concitoyens. Donc, que cessent les insultes et invectives »

Mayoro Faye, chargé de communication du PDS

« Durant le ramadan, les activités politiques ne se déroulent pas comme d'habitude. On gère juste l'essentiel car il y a un ralentissement de l'activité politique. Gérer l'essentiel n'est autre que tenir les réunions hebdomadaires à des heures plus avancées. Ce qui veut dire aussi que nous continuons de faire les choses normalement mais avec moins de folklore ».

Abdoulaye Wilane, maire de Kaffrine, porte parole du PS

« Il n’y a pas un moment pour s’arrêter de faire de la politique. Je fais un travail égoïste qui est celui de porte-parole, donc la voix officielle du parti. De ce point de vue, il est important de souligner que la course à la titraille peut amener l’opinion à penser, qu’en tant que porte-parole, je suis dévolu aux attaques et contre-attaques. Tel n’est pas le cas. Durant le ramadan, nos activités se poursuivent normalement, même si les heures de la tenue des réunions sont avancées ».

Moussa Sarr, porte parole de la LD

« Le mois de ramadan est le moment pour demander pardon aux alliés, à l’opposition et aux journalistes. Donc il faut savoir qu’il est nécessaire de prendre du recul et demander pardon à tout le monde. Et comme tout bon musulman qui observe le jeûne, nous essayons au mieux d’améliorer la pratique. Du côté de l’activité politique, il faut aussi dire qu’elles tournent au ralenti et les réunions se tiennent à des heures appropriées pour nous permettre à tout le monde de pouvoir retourner chez soi, sans trop de difficultés. Ramadan oblige».

Adji Mbergane Kanouté, secretaire général de l'UDS Authentique

« Les acteurs politiques sont des êtres humains avec des comportements innés. Donc attendre le mois de ramadan pour changer est de la pure hypocrisie. En tout temps et en toute période, l’acteur politique doit être ce qu’il est et rester ce qu’il est. Dans tous les cas, il faut user du langage modéré en tout temps et en toute période puisque l’acteur politique est appelé à être nommé ou élu à des postes de responsabilités. De ce point de vue, il serait mal vu de voir quelqu’un qui n’a que l’injure à la bouche à de hautes fonctions. Donc encore une fois, le langage doit être courtois et civilisé ».

Zahra Iyane Thiam, membre secrétariat exécutif de l'APR

« Le mois de ramadan est l’occasion pour moi de jouer mon vrai rôle de femme au foyer. C’est le mois qui me rapproche le plus de la famille même s’il faut reconnaitre que je n’ai plus beaucoup de force avec le ramadan. Cependant mes activités politiques ne changent pas durant ce mois. Rien n’a changé dans ma vie de tous les jours, car chaque jour je fais tout pour mieux me rapprocher de Dieu. Donc ramadan ou pas, c’est cela ma démarche de tous les jours. C’est l’occasion pour moi de dire qu’il faut prôner tous les jours la politique des valeurs. C’est ce qui doit guider les pas des politiques au Sénégal ».





 
 


Jeudi 25 Juin 2015 - 11:44



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