Rapport CENTIF: Blanchiment d'argent de la drogue dans l'immobilier – JAMRA «accélère» la Justice



La Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) vient de rendre public son rapport. Des PPE «Personnes politiquement exposées», ainsi dénommées, dans la terminologie des experts de), ont occupé le haut du podium, dans le rapport d’activités que vient de rendre public cette structure de lutte contre la criminalité financière, assurent l’Organisation islamique Jamra et l’Observatoire de veille et de défense des valeurs culturelles et religieuses, Mbañ Gacce.

Selon ces organisations non gouvernementales, «le plus sidérant est que ces incorrigibles PPE se sont particulièrement illustrées dans le recyclage de l’argent sale, issu du trafic international de drogue, dont on tournait pourtant en dérision les incessantes alertes que n’ont eu de cesse de lancer Jamra et…le député Moustapha Cissé LO».

«La méthodologie est classique, quasi-immuable, comme en témoigne ce cas d’école mis en exergue par la Centif : un ressortissant d’un pays étranger, séjournant régulièrement au Sénégal, dispose dans les Livres d’une célèbre Banque de la place d’un compte qui enregistre, en un court laps de temps, trois volumineux virements, pour un total de 200 millions de nos francs ! Cagnotte sera par la suite reversée dans le compte d’un notaire, pour diligenter l’acquisition d’un bien immobilier à Dakar. Les enquêteurs de la Centif, après avoir été saisis d’une «déclaration de soupçon» de la banque, n’ont pas tardé à découvrir la supercherie : le titulaire du compte (un modeste salarié de l’administration) n’est en fait que la «mule» attitrée d’un haut fonctionnaire, fiché "Ppe" dans son propre pays, où il a eu à faire l’objet de poursuites pour des faits de détournement de deniers public, de corruption et d’accointance avec un réseau de trafic de drogue», souligne JAMRA qui attend «avec impatience la suite qui sera réservée à ce sulfureux dossier, que la Centif a transmis au Procureur de la République !».

Les bureaux exécutifs d’enfoncer le clou : «Et dire que, quelques semaines plus tôt, s’exprimant à «Disso», l’émission sociétale de la DTV, le responsable de l'Alliance pour la République (Apr), et vice-président de l’Assemblée nationale, Moustapha Cissé Lô, avait jeté un gros pavé dans la mare… aux crocodiles du landerneau politique sénégalais! Sous le sourire narquois de certains. Il soutenait mordicus qu’il y aurait «de grands fumeurs de Yamba, doublés de trafiquants de Cannabis chez nos politiciens»! Et que «beaucoup de belles villas de la capitale seraient construites par des "blanchisseurs" de l'argent sale issu de la drogue». "El Pistoléro" devait conclure - dans cette même émission (toujours disponible sur le Net) - en se disant «prêt à répondre à une convocation du Procureur de la République, pour lui fournir davantage d’informations»».

Pour Jamra et Mbañ Gacce, «réplique ne pouvait être plus éloquemment administrée aux fameux détracteurs de la Loi 2007-31, dite "Loi Latif Guèye". Laquelle – et JAMRA ne se lassera de le répéter - n'a pas pour vocation de prôner une quelconque chasse-à-l'homme contre les consommateurs de "l'herbe-qui-tue", que nous avons toujours considérés comme des victimes des narcotrafiquants! Ce sont plutôt ces derniers qui sont ciblés par cette loi qui criminalise le délit de trafic de drogue. C'est-à-dire, comme spécifié dans l'exposé des motifs du défunt député: la culture, la transformation, le conditionnement, le transport, la commercialisation… de ces produits de la mort. Le narco-dépendant doit donc être considéré comme un malade, victime d’addiction. Et, en tant que tel, doit être pris en charge par les structures spécialisées, comme le CEPIA (Centre de prise en charge intégrée des addictions) logé au Service psychiatrique de l'Hôpital Fann, à Dakar…».

«Qu’on arrête donc de dire que la «Loi Latif Gueye provoque l'encombrement des prisons». Lesquelles devraient plutôt accueillir ces gros dealers (PPE le plus souvent !). Et non ces petits fumeurs de Yamba qui, répétons-le, ne sont que des victimes, auxquelles nous devons tendre une main fraternelle, les prendre en charge, les aider à s'affranchir de l'esclavagisme de la drogue! Que l’on cesse de s'acharner sur ces proies faciles, ces "boucs émissaires", que sont les «fumeurs de joints», dont la place ne devrait pas être en prison mais dans les structures de désintoxication et de réhabilitation. Et que l’on s'attaque résolument à la véritable racine du mal: c'est-à-dire les gros convoyeurs de drogues dures, grands corrupteurs devant l’Eternel, qui brassent des milliards, détruisent la jeunesse, boostent la criminalité et déstabilisent notre économie, en y recyclant leur argent sale !», tranchent l’Organisation islamique et l’Observatoire de veille et de défense des valeurs culturelles et religieuses. 


Lundi 20 Mars 2017 - 12:02



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