Réactions politiques à la grève de la faim de Karim Wade

Karim Wade, le fils de l'ancien président Abdoulaye Wade, et lui-même ancien ministre, a annoncé jeudi qu’il était en grève de la faim illimitée. Il est toujours en procès pour enrichissement illicite présumé. Une décision prise pour faire respecter ses droits après avoir été frappé et blessé lors d'une audience au tribunal de Dakar jeudi. Depuis, les réactions sont nombreuses.



Karim Wade à son arrivée à l'audition devant la Cour de répression de l'enrichissement illicite à Dakar, le 15 mars 2013. AFP/SEYLLOU
Karim Wade à son arrivée à l'audition devant la Cour de répression de l'enrichissement illicite à Dakar, le 15 mars 2013. AFP/SEYLLOU

Alors que Karim Wade poursuit sa grève de la faim  pour protester contre la violation de ses droits - il a été menotté, plaqué au sol dans le box des accusés et souffre d’une entorse au genou parce qu’il ne voulait pas comparaitre en l’absence de ses avocats -, on ne sait toujours pas si ses avocats vont regagner la salle d’audience lundi prochain. Ils se sont tous retirés pour protester contre l’expulsion mercredi de l'un des leurs, Me Amadou Sall. Le bâtonnier les a reçus vendredi, mais on n'a pas de résultats encore.

Au Parti démocratique sénégalais (PDS), le parti d’Abdoulaye Wade, on se dit solidaire de Karim Wade et de ses avocats. Modou Diagne Fada, le président du groupe PDS à l’Assemblée nationale interrogé par RFI estime que « c’est un procès qui s’emballe, du fait dumanque de sérénité du président de la cour  ».« C’est lui qui a montré qu’il était partisan », s’indigne-t-il, avant d’ajouter :« On peut retirer la parole à un avocat, mais on ne peut pas expulser un avocat de l’audience. Ça montre que nous assistons à du cinéma, que nous assistons à une justice à plusieurs vitesses qui ne respecte pas les droits de la défense, à une cour partisane. »

« Justice à sens unique », pour le PDS

Ce procès n’est pas un procès politique, répond-t-on du côté de l’Alliance pour la République (APR), le parti de Macky Sall. C’est simplement une stratégie de blocage de procès, et c’est le PDS qui en fait une affaire politique, accuse Seydou Gueye, le porte-parole de l’APR. « C’est la stratégie du PDS d’invoquer un procès politique et aujourd’hui, on voit très bien que l’on fonctionne un peu sous le régime de la tactique pour surfer sur l’émotion. »

Si le PDS avait eu la volonté de bloquer quoi que ce soit, il l’aurait fait dès le début, répond Modou Diagne Fada, rappelant que Karim Wade est détenu depuis près de vingt mois et que le procès dure depuis six mois. « Tout le monde a pu constater notre bonne volonté. Les avocats étaient là, ils se sont battus dans les procédures, ils posaient des questions aux témoins jusqu’à l’incident. Et l’incident, tout le monde sait que le responsable c’est la cour. C’est quoi cette justice à sens unique ? », s’interroge le président du PDS.

« Un procès équitable »

Pour Seydou Gueye tous les éléments constitutifs d’un procès équitable sont là. « Tout le monde peut constater que les droits de la défense sont intacts et que les éléments constitutifs d’un procès intact sont toujours en présence. » Il ne s’agit pas d’un procès politique, soutient-il, mais d’« un procès spécial puisque pour la première fois dans notre pays nous affrontons une infraction que l’on peut qualifier d’infraction de dissimulation et nous traitons la question de la délinquance astucieuse. »

Peut-on parler de « dérapage » ? « Il faut l'imputer au comportement de la défense qui a choisi la stratégie de la vocifération. », répond le porte-parole de l’APR, rappellant qu’au Sénégal, « la justice est rendue au nom du peuple sénégalais et non pas au nom d’une quelconque autorité. Il faut que l’on retrouve la sérénité et que l’on donne à la cour tout le respect qui lui est dû. »


Rfi.fr

Dimanche 18 Janvier 2015 - 01:40



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