Réforme de la Constitution au Congo: pouvoir et opposition se comptent

Pouvoir et opposition continuent de rassembler leurs forces autour du projet de réforme constitutionnelle au Congo-Brazzaville. Mardi, la majorité présidentielle réunie autour du PCT, a conclu plusieurs jours de débat. Les participants ont signé une déclaration en faveur du projet de modification. Un projet qui permettrait au président Sassou-Nguesso de se maintenir. Mais l'opposition ne se laisse pas impressionner



«Ali dégage» proclame ce manifestant le 20 décembre 2014 dans le quartier de Rio de Libreville. AFP/Celia Lebur
«Ali dégage» proclame ce manifestant le 20 décembre 2014 dans le quartier de Rio de Libreville. AFP/Celia Lebur

Même si le Palais des congrès était plein, la démonstration de force de la majorité n'était pas totale. Une petite dizaine de partis ne sont pas venus. Pour l'opposant Clément Mierassa, le camp du chef de l'état s'affaiblit. « Le PCT est ressorti de là très isolé parce que de nombreux partis n’ont pas accepté de signer avec eux hier. Il y a donc des voix qui s’élèvent pour condamner cette démarche » explique à RFI le leader du PSDC, le Parti social-démocrate du Congo.

S'ajoutent aussi des voix discordantes au sein du parti présidentiel. L'ancien ministre de la Défense Charles Zacharie Bowao a envoyé mardi une lettre ouverte au chef de l'Etat dans laquelle il décrit la réforme comme « juridiquement infondée, politiquement désastreuse et socialement explosive ».

L'opposition elle en profite pour s'unir. La semaine dernière 45 représentants de divers partis ont signé un engagement pour dire « non » au changement. « Je crois que maintenant les positions sont bien connues, analyse Pascal Tsaty Mabiala, secrétaire général de l'UPADS, l'Union panafricaine pour la démocratie socialeNous, nous avons rassemblé toutes les forces de l’opposition : il n’en a manqué aucune et on voit bien que la majorité elle a du mal à rassembler toutes ses forces. Tout ce que vous voyez, c’est du tape à l’œil, la réalité est toute autre. Elle va s’essouffler, cette fameuse majorité. Et commencera bientôt le combat sur le terrain, on verra…»

Pour voir si la nouvelle coalition d'opposition est solide, il faudra attendre. Première étape, mercredi prochain avec la préparation d'une feuille de route pour définir les actions à mener contre la réforme.


Rfi.fr

Jeudi 22 Janvier 2015 - 11:22



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