Rentrée des cours et tribunaux : Le ring des avocats et des magistrats.

La rentrée des cours et tribunaux hier a donné lieu à un passe d’armes entre magistrats et avocats. En effet, lors de cette cérémonie présidée par le Chef de l’Etat et qui portait pour thème cette année : «Collectivités locales et contrôle de légalité », les deux mamelles de la justice se sont livrés une bataille pas tellement feutrée.



Rentrée des cours et tribunaux : Le ring des avocats et des magistrats.
Les vieux démons sont réapparus hier, lors de la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux. En effet, le bâtonnier Ameth Ba et le premier président de la Cour suprême Mamadou Badio Camara, ont échangé quelques civilités lors de leur prise de parole.

«Les maux de la justice ont pour noms : lenteur administratives, impunité, complexité des procédures, défaillances des enquêtes de police judiciaire, instructions d’affaires laborieuses, surpeuplement carcéral, insuffisance de l’assistance judiciaire, corruption », a déclaré le bâtonnier Ameth Ba qui faisait le diagnostic de la justice sénégalaise.

Poursuivant, Me Ba tonne : «Oui, la justice a des problèmes, et c’est preuve de responsabilité que de le dire sans complaisance, avec discernement, par la magistrature, le barreau que quelques franges de la société, cette perception a été maintes fois manifestée».

Mais cette perception n’est pas la même chez le premier président de la Cour suprême. En effet, Mamadou Badio Camara pense, de son côté, que les maux dont souffrent la justice sont en partie dus avocats et à leur manière de faire.

«Nous avons entendu parler du «porter presse», pratique consistant à attaquer une partie adverse, au lieu de saisir les juridictions compétentes. Nous avons maintenant le «plaider presse». Certains avocats ne se soucient plus de convaincre les juges dans les salles d’audience, ils optent pour la conférence de presse pour rallier l’opinion  je ne sais quelle bannière, d’une manière d’ailleurs non contradictoire », a-t-il pesté.

Le premier président de la Cour Suprême qui déplore ces actes qui, juge-t-il peuvent susciter «des dérapages graves au détriment des juges» plaide pour une revue de «tout le système de protection pénale pour être adapté aux nouvelles formes d’agression utilisant parfois des armes de destruction massive, les moyens de diffusion publique : la presse écrite, audiovisuelle, audiovisuelle et internet », a-t-il déclaré.

Avant de marteler qu’ «en matière d’infractions commises par voie de presse, la responsabilité pénale des diffuseurs n’est pas à démontrer. Elle est légalement présumée». Ce qui sonne comme un rappel à l’ordre lancé à l’endroit de la presse.

Ousmane Demba Kane

Mercredi 13 Janvier 2016 - 08:25



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