Reportage-Préparatifs de la tabaski : Les ordures freinent l’affluence au marché de Grand Yoff

La grève illimitée décrétée par les concessionnaires en charge du ramassage des ordures à Dakar n’est pas sans conséquence. A une semaine seulement de la fête de l’Aid El fitr communément appelée tabaski, les masses d’ordures bouchent les artères de la capitale sénégalaise et perturbent ainsi les préparatifs.



Reportage-Préparatifs de la tabaski : Les ordures freinent l’affluence au marché de Grand Yoff
Il est 10 heures, le marché de Grand Yoff vibre sous les animations des marchands et les va-et-vient des acheteurs. Trouvé en plein marchandage, « on n’a pas d’autres solutions que de rester ici. La circulation est ainsi bloquée. Nos clients ont du mal à accéder aux cantines », raconte Baye Fall. «Depuis la grève engagée par les ramasseurs d’ordures, nos clients deviennent de plus en plus rares et nos revenues en baisse, malgré l’approche de la fête de Tabaski», regrette le jeune commerçant. Toutefois, ce dernier ne manque pas de plaider pour un paiement des salaires des concessionnaires. A quelques pas de sa cantine, «je me demande à quoi sert alors les multiples programmes du gouvernement sur la santé des populations », s’interroge Serigne Faye, assis confortablement sur son tabouret, devant sa boutique. « Tout bon sénégalais doit avoir honte de cette situation. Moi en tous cas, je ne reconnais plus des autorités de notre cher Sénégal», se dégoûte le vendeur de tissus basins qui poursuit « au lieu de garantir au quotidien, les préoccupations socio-économiques du peuple, ils s’investissent dans le gaspillage, en donnant inutilement de grosses sommes d’argent à des non nécessiteux ». Ndéye Fatou Thioune, venue avec ses enfants pour acheter des vêtements de Tabaski, peine à effectuer tranquillement ses achats. « Cette saleté m’étouffe et je crains que mes enfants qui m’accompagnent soient tombés malades. Depuis le croisement près de l’Eglise Saint Paul, j’ai commencé à boucher mes narines et je n’ai pas encore  accéder à la cantine où je dois acheter mon tissu Ganilah déjà payé chez mon client», se lamente-t-elle. Le jeune Ibrahima Fall lui use d’une méthode assez spécifique. «Je mets du parfum chaque 20minutes sur un mouchoir avec lequel je bouche mes narines pour ne pas respirer cette odeur. C’est impossible voire trop risqué de humer cette odeur», prévient-il avant d’avertir «s’il nous arrive d’être tous malades ou morts à cause de cette ordure, que les autorités sachent qu’elles sont les seules responsables».

 

Tapa Tounkara (Stagiaire)

Mardi 1 Novembre 2011 - 12:56



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