Reportage : UCAD sous la terreur des amicales

« Temple du savoir » ou « temple de la violence », la tension règne en maître à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar(UCAD). Une violence qui gagne de plus en plus d’ampleur et que les étudiants et l’Administration mettent sur le compte des Amicales.



Reportage : UCAD sous la terreur des amicales
Trouvé dans sa chambre au pavillon M du campus, Babacar Ndiaye, étudiant en licence 2 à la faculté de Droit et membre de l’amicale de ladite faculté, renseigne que les violences sont surtout notées lors des renouvèlements des amicales des facultés, même s’il ajoute le retard des payements des bourses, la mauvaise nourriture ou les codifications aux sources de la violence. « Récemment, lors du renouvèlement du bureau de l’amicale de la faculté de Droit, il y a eu une émeute qui avait comme conséquence beaucoup de blessés graves », sert-il comme exemple.
 
 Ces tensions ont été sanctionnées par une suspension provisoire des élections de la part du Recteur. Une mesure modérément saluée par Lassana Sambou, étudiant à la faculté de Droit et membre de la liste de l’opposition qui accuse ses adversaires de la liste au pouvoir « justice et respect » d’être à l’origine des émeutes enregistrées récemment dans leur faculté. « Ces derniers ne voulaient pas aller aux élections par peur de perdre, alors que leur mandat était à terme », dit-il. A en croire ses explications, le regroupement des travailleurs de l’administration avait proposé la dissolution totale de l’amicale. Contre cette suppression des amicales, Lassana Sambou promet l’usage de tous les moyens qui leur sont appropriés « pour tenir à bout cette idée-là ».
 
Les élections de la Faculté des Sciences Economique et de Gestion (FASEG) organisées dernièrement étaient dans la voie du succès, renseigne Samba Ndiaye Sow, ex délégué de l’amicale de ladite faculté. Mais malheureusement regrette-t-il, « avec l’établissement du comité exécutif(CE), la grande coalition de la FASEG avec quelques membres de la liste TVA (Traduire ses Valeurs en Action), ont vidé les amphis, dénonçant l’impartialité du Doyen de cette faculté et son soutien à la liste dénommée Rupture qui gère le comité ». Pour ce qui est des tensions « c’est pour la défense d’intérêts personnels, soit dans les subventions annuelles des amicales, soit dans la commission sociale qui gère les codifications », incrimine-t-il.
 
Même son de cloche du côté de l’Administration où les amicales sont encore pointées du doigt. Assis dans son bureau climatisé, de bonne mine, le chef de service social du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), Khalifa Diagne précise que « c’est surtout lors des renouvèlements des bureaux des amicales qu’on constate des violences de nature à attirer l’attention de la communauté universitaire, mais aussi de  l’opinion publique sénégalaise ».

Evoquant les enjeux que présentent ces élections, vu que l’amicale gagnante va gérer beaucoup de choses notamment les bourses sociales, les codifications, les subventions données par l’administration pour le fonctionnement de l’amicale, « ces enjeux constituent la principale cause des conflits à l’université », réitère M. Diagne qui appelle néanmoins à se retrouver autour d’une table pour trouver des solutions de nature à enrayer définitivement les violences dans l’Université».
 
                      

Al Hassane Ba (stagiaire)

Mardi 25 Septembre 2012 - 15:31


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