Requête de suspension du Sénégal de la CEDEAO: Mimi Touré recadre la juridiction sous-régionale

L’interdiction de sortie du territoire toujours maintenue par l’Etat dans le cadre l’enquête sur les biens mal acquis, les anciens ministres Karim Wade, Ousmane Ngom, Abdoulaye Baldé, Madické Niang et Samuel Sarr comptent saisir la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ce lundi pour suspendre le Sénégal de l’instance sous-régionale. Ce qui ne fait pas trembler le ministre de la justice, Aminata Touré qui en profite pour remettre la CEDEAO à sa place.



Requête de suspension du Sénégal de la CEDEAO: Mimi Touré recadre la juridiction sous-régionale

 «Le Sénégal depuis trente ans est la référence en matière de démocratie en Afrique de l’Ouest. Il y a eu des acquis importants sous Diouf. Des progrès ont été aussi notés sous Wade et les Sénégalais se sont mobilisés quand ces acquis ont été menacés. Ce n’est pas parce qu’on a interdit à quelques personnes de voyager qu’on a reculé», assène-t-elle d’emblée.

Issue de ce milieu,  la "dame de fer" martèle qu’elle n’a pas de compte à rendre à personne. «Je n’ai pas de complexe à développer à l’égard de qui que ce soit et je n’ai pas de leçon à recevoir de personne. Les droits économiques des Sénégalais font partie des droits humains», avant d’enfoncer le clou: «ce sont des milliards qui sont en jeu. Ce n’est pas en empêchant une poignée de personnes de sortir du pays que nous devons être expulsés. Soyons sérieux».

Préférant «se mettre du côté des 13 millions de Sénégalais qui estiment qu’ils ont été spoliés», le ministre renvoie tout bonnement la communauté à ses textes.

«Les décisions que nous avons prises respectent la décision de la CEDEAO qui dit que l’interdiction de sortie du territoire n’avait pas de base légale. La base légale a été rétablie. Ce serait un comble qu’une instance juridictionnelle sous-régionale qui dans un de ses motifs, il est noté qu’elle n’a compétence à contraindre les Etats dans l’application de leurs lois et procédures internes, nous empêche d’appliquer nos lois. En ce moment, on n’y comprendrait plus rien», conclut-elle.



Samedi 6 Avril 2013 - 12:19



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