Résultats référendum – Taux d’abstention, démocratie corrompue, la question religieuse...: ces questions de l’heure, selon Alioune Tine



A la tête du bureau régional de l'ONG Amnesty international pour l'Afrique de l'Ouest, Alioune Tine regarde globalement «ce qui s’est passé avec ce qu’on peut appeler un «super Sunday» avec trois (3) élections présidentielles au Niger, au Bénin, au Congo et un référendum au Sénégal». Pour lui, «il y a un certain nombre de points communs surtout pour (le) référendum» qui «manifeste ce point jusqu’à la caricature».
 
«Le référendum dont la marque est le déplacement d’enjeux, l’enjeu était effectivement le renforcement de l’Etat de droit, des Institutions de la République et finalement, cet enjeu s’est transformé (en) pour ou contre c’est-à-dire conserver ou reconquérir le pouvoir. On en est là et il me semble avec le taux d’abstention, cela doit amener tous les acteurs de la classe politique à réfléchir, à faire une profonde introspection sur ce qu’on peut considérer comme une espèce de désintérêt par rapport à cet enjeu extrêmement important pour la stabilité institutionnelle de notre pays », décline Alioune Tine qui convoque ainsi à «une réflexion à entamer» sur «un déficit de leadership politique». 
 
Ce, d’autant plus que marque ce dernier sur la Rfm, «c’est une menace réelle pour le pays» et qu’«il faut voir comment réconcilier le Sénégal avec lui-même et les Sénégalais avec la politique». Et pour réussir ce pari, il faut «diagnostiquer cette forme de démocratie que les gens appellent aujourd’hui démocrature, démocratie corrompue dont nous avons vu les éléments aussi bien ici au Sénégal qu’au Niger avec un candidat qui a fait campagne en prison, ici avec la manifestation par exemple de la presse d’Etat qui a été une caricature de presse démocratique, de presse indépendante, respectant la déontologie », note Alioune Tine.

Le Directeur régional d’Amnesty international regrette «l’instrumentalisation de politiques de certains problèmes sociaux (qu’on) doit examiner avec beaucoup plus de profondeur,…». A ce propos, citant «la question de l’homosexualité », Alioune Tine déplore cette instrumentalisation «alors que vraiment, on avait des problèmes beaucoup plus importants». «Cela a pris une dimension qu’on n’aurait pas pu penser dans un pays développé comme le Sénégal», s’indigne le droit de l’hommiste qui alerte.
 
«Je pense que la question du chômage des jeunes est une question fondamentale par rapport à l’attrait qu’exerce le djihadisme, dans notre sous-région, nous ne pouvons pas ignorer cette menace», préconise-t-il.
 
«D’autres part aussi, la question des confréries, la question religieuse, il me semble qu’il y a une réponse donnée par Touba qui mérite vraiment une véritable réflexion à l’heure actuelle. On a besoin de réactualiser le discours, le récit et le message des pères fondateurs des confréries par rapport à une idéologie extrêmement agressive et conquérante qu’est le wahhabisme et le salafisme par rapport à ceux qui nous entourent », prévient ce dernier.
 
«Donc, sincèrement aujourd’hui, il nous faut construire un pacte républicain parce que nous avons des problèmes avec la base politique, avec les syndicats surtout l’enseignement, l’Education qui est dans une véritable crise également avec le religieux. Même la société civile, devrait faire son introspection, globalement nous avons besoin d’un dialogue introspection pour ne pas fragiliser la société qui est déjà vulnérable, fragile, les institutions qui sont vulnérables», invite Alioune Tine. 


Lundi 21 Mars 2016 - 12:53



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