Révélations sur un trafic de bébés entre le Niger et le Nigeria

La police nigérienne vient de mettre la main sur un vaste réseau de trafiquants de bébés nigérians à Niamey. Plusieurs femmes, dont les épouses de plusieurs personnalités, sont interrogées pour justifier comment elles ont eu leurs enfants. On les soupçonne d'avoir profité de bébés mis au monde dans des « usines à bébés » régulièrement démantelées au Nigeria.



C’est la police du Nigeria qui a alerté ses collègues du Niger de l’existence d’un réseau de trafic de bébés nigérians en direction du Niger. Pendant plusieurs mois, les enquêteurs de la police judiciaire ainsi que leurs collègues du Nigeria et du Bénin ont coordonné leurs actions. Cette enquête a permis d’interpeller une trentaine d’individus dans la capitale, essentiellement des femmes, leurs époux, des intermédiaires et quelques agents d’état civil de la commune de Niamey.

La technique utilisée vraisemblablement bien rodée consiste, pour une femme qui n’arrive pas à avoir des enfants, à se rendre dans l’Etat de Ondo non loin de Lagos au Nigeria, et de revenir avec, sous les bras, des bébés jumeaux.

Un ministre et le président de l’Assemblée concernés

Des épouses de plusieurs personnalités et pas des moindres sont tombées dans les filets de la police. On peut, entre autres, citer l’épouse du ministre d’Etat de l’actuel gouvernement du Niger, une des épouses du président de l’Assemblée nationale. Et enfin les trois épouses d’un ancien banquier qui auront à justifier des six jumeaux en leur possession, deux chacune.

Cette présumée affaire de trafic de bébés nigérians a choqué plus d’un Nigérien, à commencer par les ONG. Selon des acteurs de la société civile nigérienne, la loi du Niger permet pourtant d’adopter un enfant en toute légalité.

Dans les prochaines heures, tous seront déférés à la justice à l’exception de deux personnalités dont les épouses sont citées. Il s’agit du ministre d’Etat, Abdou Labo et du président de l’Assemblée nationale, Hama Amadou qui jouissent de l'immunité liée à leur fonction.


RFI

Mercredi 25 Juin 2014 - 14:00



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