Rwanda: révélations sur la mort de cinq soldats congolais

C'est une révélation de la BBC. Selon les informations recueillies par nos confrères, cinq militaires congolais morts lors des affrontements la semaine dernière entre les armées rwandaise et congolaise auraient été exécutés. C'est ce que leur dit un médecin militaire qui a vu les corps à la morgue. Jusqu'à présent, le gouvernement congolais avait parlé d'un caporal enlevé et exécuté. C'est d'ailleurs le seul militaire dont il reconnaît la mort. De son côté, Kigali évoquait 5 morts chez les FARDC. Interrogé à ce propos lors d'une conférence de presse, la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo a dit ne pas avoir de détails sur les circonstances de leur mort.



Il y a tout juste une semaine, la Croix-Rouge rwandaise a ramené au milieu de la nuit cinq corps à la frontière. Ils étaient tous des militaires congolais, assurait Kigali. Une information démentie par le porte-parole du gouvernement. Or, Lambert Mendé avait été le premier à parler d'exécution, affirmant qu'un caporal de l'armée congolaise avait été kidnappé et publiquement exécuté. Pour Kinshasa, c'est ce qui aurait provoqué les affrontements.

Louise Mushikiwabo a une nouvelle fois démenti cette version des faits, assurant que ce sont les soldats congolais qui avaient traversé la frontière, affirmant ne pas avoir de détails sur les circonstances de leur mort.

Une enquête a bien été menée par l'équipe du mécanisme conjoint de vérification, incluant Rwandais et Congolais. Mais on ne connaît pas ses résultats. Depuis l'arrivée des corps à Goma, la morgue a reçu de nombreuses visites, notamment des membres de la société civile qui ont cherché l'un des leurs.

Des faits mystérieux

Autre fait mystérieux : le coordonnateur de l'ONG Racid (Réseau d'action citoyennes pour le développement) est porté disparu depuis mercredi, premier jour des affrontements. Selon plusieurs sources, tous les corps présenteraient en effet des blessures à la tête, la plupart semblaient être des blessures par balles. Le plus curieux, c'est que personne ne parle d'autopsie, a-t-on encore expliqué à RFI.

Le porte-parole de l'armée à Goma s'est refusé à tout commentaire, renvoyant les curieux vers Lambert Mendé qui, lui, demeure injoignable. Selon un mouvement de jeunes de Goma appelé « Lucha », le silence des autorités, comme de la Monusco (Mission de l'Organisation des Nations unies pour le Congo) et de la CIRGL(Conférence internationale sur la région des Grands Lacs) est troublant. Il réclame la création d'une commission d'enquête crédible.

Source : Rfi.fr



Samedi 21 Juin 2014 - 02:04



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