Salva Kiir accepte le partage du pouvoir

Le président sud-soudanais Salva Kiir a entériné vendredi la nomination de 50 députés issus de la rébellion et accepté un partage des postes ministériels avec celle-ci, conformément à l'accord de paix signé fin août pour mettre fin à deux ans de guerre civile.



Dans un décret lu par la radio d'Etat, M. Kiir a confirmé la nomination de 50 députés désignés par la rébellion que dirige son ancien vice-président Riek Machar.

L'ancien président botswanais Festus Mogae, qui dirige la Commission conjointe de surveillance et d'évaluation (JMEC) de l'accord de paix, a parallèlement annoncé qu'un accord avait été trouvé sur la répartition des postes ministériels au sein du gouvernement de transition et d'union nationale.

Conformément à l'accord de paix, le camp gouvernemental en détiendra 16 et la rebellion dix.

Le gouvernement a notamment obtenu les portefeuilles de la Défense, de la Sécurité nationale, des Finances et de la Justice, les rebelles notamment ceux du Pétrole et des Affaires humanitaires.

Un groupe d'hommes politiques influents, liés par le passé à M. Machar, ce qui leur avait valu d'être emprisonnés au début de la guerre en décembre 2013, mais qui ne sont affiliés ni à la rébellion ni au gouvernement, s'est vu attribuer les ministères des Affaires étrangères et des Transports.

Les postes de ministres en charge des Affaires gouvernementales et de l'Agriculture reviennent aux autres partis politiques.

Selon l'accord conclu, M. Machar retrouvera le poste de vice-président qu'il avait occupé de l'indépendance en juillet 2011 à son limogeage par M. Kiir en juillet 2013. Il doit encore rejoindre à Juba, la capitale, pour prendre ses fonctions.

Aucun échéancier n'a été annoncé sur les dates de nomination et de prise de fonctions des nouveaux ministres.

Cet arrangement sur la composition du gouvernement de transition intervient avec beaucoup de retard sur le calendrier initial prévu par l'accord de paix, conclu le 26 août et qui prévoyait l'ouverture sous trois mois d'une période de transition, régie par des dispositions de partage du pouvoir, notamment ce gouvernement d'union.

Mais les combats n'ont jamais cessé depuis la signature de l'accord et de nombreuses échéances prévues ont été dépassées sans que les deux camps respectent leurs engagements.

Le Soudan du Sud a proclamé son indépendance en juillet 2011, sur les ruines de décennies de conflit avec Khartoum, avant de replonger deux ans et demi plus tard dans la guerre en raison de dissensions politico-ethniques au sein de l'armée, alimentées par la rivalité à la tête du régime entre MM. Kiir et Machar.

Le conflit, marqué par des atrocités attribuées aux deux camps, a fait des dizaines de milliers de morts et chassé plus de 2,2 millions de personnes de chez elles.

Source: BBC Afrique 



Vendredi 8 Janvier 2016 - 08:55



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