Sauvez les civilités L’économie de l’homosexualisme, le droit de la peine de mort et l’insolence vertébrée de la visibilité politique et publique.



Sauvez les civilités  L’économie de l’homosexualisme, le droit de la peine de mort et l’insolence vertébrée de la visibilité politique et publique.
La réalité prélevée et mesurée à l’aune des faits et des expériences est scientifiquement admissible. Son usage rassure et donne l’impression de ne pas parler en poète. Il importe d’apporter des correctifs et des orientations au moment où l’espace public est trop chargé, les esprits en faute suspectent la chasse aux sorcières, des experts voyeurs rapportent qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses de l’Etat alors que l’austérité subsiste, le chômage rend agressif et produits des suicidés, et qu’après tout, nos institutions socio culturelles, juridiques et politiques doivent être préservées. Entre autres questions, l’homosexualité souterraine, la peine de mort et l’usage de propos dits chocs, calculés et tétanisant sur l’espace public sous prétexte politique méritent que l’on s’y attarde.
L’économie de l’homosexualisme
L’homosexualisme est la tendance au devenir homosexuel ou la reproduction de l’attitude homosexuelle. Avec le capitalisme, ce cliché est devenu un  produit de l’espace public, encore exportable. Les médias se chargent de la publicité. Ils cherchent moins à satisfaire une cible mais à créer le besoin. L’information homosexuelle ne s’adresse plus aux homosexuels mais aux autres non homosexuels. Il est un fait que la problématique de l’intégration sociale a gagné en importance. Elle articule entre la variable liberté sexuelle ou mariage pour tous et la constante homophobie. Ce qui voudrait dire que dans l’avenir l’homophobie sera toujours là pour faire face à toute capacité d’invention sexualiste et qu’il faudra lutter contre elle. Le problème est sa marchandisation. La question de la problématique de l’intégration sociale de l’homosexualisme est pourquoi en faire un produit du marché culturel, alors que c’est un phénomène ancien et privé qui prend des formes différentes selon les structures sociales. Il ne faut pas perdre de vue qu’il y a plusieurs expressions homosexuelles ou para-homosexuelles. Aujourd’hui, l’intérêt de reconnaissance publique fédère les divergences éventuelles qui peuvent surgir de l’hétérogénéité structurelle. Elles se laissent couvrir et emporter par la mondialisation. Mais une fois cet objectif d’intégration sociale atteint ces mêmes divergences peuvent surgir et peuvent être non à l’origine de la disparition du phénomène mais de son retranchement dans les sphères privées premières. De ce point de vue l’homosexualisme est une tendance évolutive nulle. Il n’est ni biologiquement productif et ne peut fédérer à long terme des homosexualités structurellement divergentes. La mondialisation de la sexualité gay n’a pas d’avenir de stabilité pour les raisons précitées.
Le droit de la peine de mort
Même si l’on est pas dans le cadre de l’invite à l’indignation du feu Stéphane Hessel (1917-2013) contre le capitalisme, il y a de quoi s’indigner au vu de la déroute de certains intellectuels qui s’appuient sur des principes religieux pour promouvoir le retour de la peine de mort au Sénégal.
Platon (428/427-348/347 av. J.-C) et Aristote (384-322 av. J.-C)- jadis préoccupés par la bonne marche de la société  et précisément par le lien entre le modèle d’organisation socio-économique et culturelle et les faits criminels - soutiennent que c’est la passion qui est la cause de la délinquance. Par exemple, disent-ils si quelqu’un fait du mal c’est parce qu’il est égaré, ignorant et épris de passion. C’est dans ce contexte que Socrate soutient aussi que «personne n’est méchant volontairement ». Le juriste et philosophe Thomas More (1478-1535) qui dans son œuvre Utopie(1515) s’est intéressé au fonctionnement  de la justice de son époque écrit : «  vous faites souffrir aux voleurs des tourments affreux, ne vaudrait-il pas mieux assurer l’existence à tous les membres de la société, afin que personne ne se trouvât dans la nécessité de voler d’abord et de périr après ? ». Nous persistons et par conviction scientifique pour dire que la société est criminogène. Des chercheurs à l’instar de T. More voient dans le crime un phénomène normal en opposition au phénomène pathologique ou accidentel. Le crime est inévitable du fait de l’organisation sociale (Durkheim 1985, p 414). De ce point de vue, il faut revoir la fonction sociale de la peine non seulement dans la conception du crime en tant que tel qui repose sur la triade Imposition de règles- Transgression - Réaction sociale mais dans l’organisation de la société elle-même. Le fondement du crime et de la peine n’est pas seulement juridique contrairement à ce que pensent les promoteurs du droit de la peine de mort.
L’insolence vertébrée de la visibilité politique ou publique
Dans le langage commun, il est une manière chez certains individus de prétendre à la notoriété par la voie de l’absurde. Dans le langage de la sociologie, il s’agit d’un fait social. Certes, la rareté attire et suscite le besoin. Mais celui-ci est une réalité qui épouse les contorsions évolutives de la structure sociale qui lui est coercitive. Ainsi, dans certains coins du monde le loisir est bien développé. Il est rentabilisé car attire du monde et reste accessible à tous. Par contre, dans d’autres le clown en réussite financière et sociale agace très souvent car on n’a pas forcément envie de rire. Il n’y a pas pire quand on sert aux gentils citoyens des besoins qui ne sont pas les leurs. L’espace public n’est pas une poubelle où on déverse ce dont on n’a pas besoin. C’est un espace de service et d’épanouissement. On s’y sert  en faisant attention de ne pas poser son choix sur une valeur pourrie ou en phase de le devenir. Aussi, on y sert. Tâchons de mettre sur l’espace public des choses qui nous sont directement utiles afin d’en faire bénéficier à nos autres égos.
C’est une absurdité au Sénégal d’avoir transférée en politique l’insolence, la calomnie et parfois le clash comme dans un langage hard core de rap.  A défaut de la violence verbale, on aime arborer le dénie involontaire de raison dans certaines offres politiques ou de loi. On fait abstraction de l’intelligence pour atteindre une visibilité politique. Ce n’est pas une manière légitime de conquérir l’opinion publique. Pour des objectifs politiques, on offre un cadeau empoisonné au peuple que l’on conçoit toujours comme naïf et manipulable à souhait. La démocratie n’est pas un capharnaeum. Des chefs d’Etats occidentaux en aurait dissuadé l’usage chez les africains avec la négation du multipartisme. Thèse aussi supportée par d’anciens chefs africains. Mais hélas, il ne s’agit pas de recourir aux problématiques raciologistes pour comprendre l’échec des démocraties en Afrique. Il faut au contraire interroger les opportunismes structurels. C’est l’utilitarisme capitaliste des individus rationnels en situation de modernité avancée ou moins avancée qui est en cause.
Le seul modèle politique sénégalais qui a cherché sa visibilité politique par la violence verbale et le présidentiabilisme du symbolisme carcéral reste le Sopi. Les disciples de ce courant qui reproduisent la pensée du maître devenu, par l’histoire un grand homme, ne sont pas seulement aujourd’hui du parti libéral. C’est un modèle qu’il faut déconstruire. Cela préserverait l’espace publique et garantirait mieux la stabilité du pays. Cette école pensée précitée ne renforce ni la maturité politique, ni la démocratie sénégalaise contrairement à ce que l’on fait croire. C’est encore de l’arnaque politique à l’instar de celle fait du concept d’homme d’Etat. Le Sénégal n’est ni un peuple politiquement mature et ni une démocratie affinée. La formation fait défaut car l’ignorance et l’indifférence sont plus importantes dans la restitution des analyses de comportements politiques. Les politistes ont laissé l‘espace public aux politiciens qui en ont fait à leur guise. A la situation actuelle, ils portent une grande responsabilité. Etre politicien n’est pas une profession. Pensons-nous que le politicien qui fait un siècle au pouvoir ou aux affaires avec la classe dirigeante est plus homme d’Etat que le modeste fonctionnaire qui fait toute sa carrière dans l’administration centrale ? Si c’est l’expérience qui fait l’homme d’Etat le politicien n’en sera jamais un puisqu’il est institutionnellement recommandé son départ au terme de son mandat électoral. A l’arrogance des prétendus sachants et aux faux sérieux des beaux messieurs, il faut mettre fin aux arnaques verbales et à toutes ces autres de prétexte politique car elles ne sont pas forcément de la nature qu’elles revendiquent. C’est simplement de l’incivisme. Une hygiène salutaire, s’il vous plait !
 
Dr. Pascal OUDIANE
Sociologue
oudianepascal@hotmail.com
Dakar-Sénégal


Dr Pascal Oudiane (Sociologue)

Mercredi 12 Juin 2013 - 18:59



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter