Scandale Thales: la pression s’accroît sur le président Jacob Zuma

En Afrique du Sud, ce week-end, un journal sud-africain a publié de nouveaux détails mettant en cause le chef de l’Etat dans une affaire de corruption qui date d’un peu plus d’une dizaine d’années. L’affaire est liée à la vente d’armes à l’Afrique du Sud par la société française Thales. Dans les années 2 000, Jacob Zuma, alors vice-président du pays, aurait reçu d’importants pots-de-vin. Ce nouveau témoignage que publie l’hebdomadaire vient renforcer les accusations contre le président.



Le président sud-africain Jacob Zuma est mis en cause dans une affaire de pots-de-vin liée à la vente d’armes à l’Afrique du Sud par la société française Thales. REUTERS/Sumaya Hisham/Pool
Le président sud-africain Jacob Zuma est mis en cause dans une affaire de pots-de-vin liée à la vente d’armes à l’Afrique du Sud par la société française Thales. REUTERS/Sumaya Hisham/Pool

Il s’agit d’un témoignage exclusif publié par l’hebdomadaire Sunday Times : celui de Ajay Sooklal, l’intermédiaire pendant six ans entre la société Thales et les autorités sud-africaines.

Dans un témoignage, sous serment, il relate la rencontre entre Jacob Zuma et Alain Thétard, directeur d’une filiale de Thalès en Afrique du Sud, l’utilisation de code pour signifier que Zuma acceptait les pots-de-vin ainsi que les voyages et vêtements de luxe payés par le groupe français. En échange, Zuma, qui était vice-président, devait protéger les intérêts du groupe français. Ces accusations contre Jacob Zuma ne sont pas nouvelles, mais c’est la première fois qu’elles sont aussi détaillées et surtout qu’elles proviennent d'un témoignage sous serment, fait devant la justice.

Pour Judith February, de l’Institut des études de sécurité, ce témoignage publié par la presse est important : « L’histoire du Sunday Times est révélatrice par son niveau de détail. C’est la première fois qu’on a des informations sur l’utilisation de codes, comme le mot tour Eiffel ; ainsi que des informations sur où avaient lieu les rencontres. »

Qu’adviendra-t-il de ce nouveau témoignage incriminant ? L’actuel président a dû faire face à la justice, à plusieurs reprises, avant d’être élu en 2009. Et à chaque fois, les procédures ont été abandonnées pour vice de forme. Cependant, à moins de deux ans des élections locales, l’ANC, le parti au pouvoir, commence à trouver les affaires de son président lourdes à porter.


Rfi.fr

Mardi 30 Septembre 2014 - 12:24



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