Scrutin Législatives-faible taux de participation: Mbaye Jacques Diop voit une "démocratie en péril"

Les électeurs n’ont pas répondu massivement présents à l’appel des urnes. Dans les centres témoins du département de Rufisque, le taux participation se situait entre 30 et moins de 32% à la fermeture des bureaux. Cette situation qui s’annonçait dès les premières heures du scrutin a suscité les inquiétudes de la classe politique rufisquoise.



Scrutin Législatives-faible taux de participation: Mbaye Jacques Diop voit une "démocratie en péril"
Il n’y avait pas d’affluence dans les centres de vote du département de Rufisque. Contrairement à l’élection présidentielle où les centres étaient noirs de monde avant même l’ouverture, hier c’est un décor rabougri voir désertique qui s’offrait partout dans les centres de vote. Le taux de participation atteint à peine 30% dans tout le département. Unanimement, tous les acteurs politiques de la ville l’ont constaté pour le déplorer, la participation a été faible.

Cette situation inquiète  beaucoup les responsables comme Mbaye jacques Diop qui tire la sonnette d’alarme. L’ancien président du CRAES a souligné l’éloignement progressif des citoyens des urnes et pense que  la démocratie sénégalaise est en danger. Pour lui, on va vers une démocratie sans électeurs et le risque c’est de voir des responsables élus avec 10% d’électeurs, ce qui serait un grand recul.

C’est pourquoi le maire honoraire de Rufisque lance ce cri d’alarme pour que « la démocratie sénégalaise ne soit pas en péril. » Il urge, à ses yeux, d’appeler à une large réflexion pour trouver les causes de ce désintérêt subit des électeurs. Pour  le candidat départemental de la coalition BOK GUIS GUIS, Albé Ndoye « C’est le prolongement du vote des militaires parce le taux d’abstention est très élevé. Ceci parce que les gens ne portent pas un grand intérêt aux élections législatives. » Mais pour le  Maire de Rufisque Est, la raison principale peut être liée à la lassitude des électeurs qui, en l’espace de trois mois, ont été convoqués à trois reprises.

Le responsable de la coalition Bok Guis Guis déplore aussi la pléthore de listes qui a dissuadé les électeurs qui ne se retrouvent dans cette multitude. Ce qui pousse le candidat départemental de Bok Guis Guis a suggéré le recours au bulletin unique, quitte à mener une  large campagne  de communication sur une période de deux ans pour familiariser les électeurs. Pour sa part, le candidat du Mrds fait le même constat sur la participation qui est faible, mais Assane Baldé indexe les listes nombreuses et pense qu’il faut revoir à la hausse la caution pour éviter les listes « sans espoirs ».

Mais pour le candidat de la coalition Benno Bok Yaakar, ce n’est pas une abstention, ce sont les autres listes qui n’ont pas fait l’effort de mobilisation parce que « se sachant vaincues d’avance ». Souleymane Ndoye ajoute  «  qu’il peut y a voir un problème de compréhension de l’enjeu des législatives, s’y ajoute que si les centres de vote ne sont pas peuplés c’est parce que les électeurs ne sentent pas la nécessité de rester pour sécuriser le vote. »

Pour Seydou Diouf, c’est la nature du régime politique qui accorde trop de pouvoir au président de la République qui est à l’origine de ce manque d’intérêt pour les législatives.

Mais pour le tonitruant coordonnateur du mouvement Leeral Askan Wi, El Hadj Diouf, c’est « un avertissement que les porteurs de la révolution du 23 juin envoient au nouveau chef de l’Etat. » Pour Omar Faye, le Sénégal n’est pas à l’abri de l’unanimisme démocratique qui a perdu la démocratie malienne. C’est pourquoi,  il pointe un doigt accusateur sur Abdou Latif Coulibaly et Alioune Tine dont la proximité avec le pouvoir ne leur donne plus la neutralité pour jouer leur rôle de sentinelle.
 
Avec Sudonline


Lundi 2 Juillet 2012 - 12:07



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