Seconde audition à 11 h : Khalifa Sall risque gros

Auditionné pendant plus de 10 tours d’horloge ce mardi, le maire de Dakar, est loin d'en avoir fini avec les enquêteurs qui l'ont encore convoqué ce mercredi à 11 heures. Il fera face à trois de ses collaborateurs dont le Directeur administratif et financier (Daf), Mbaye Touré, en poste depuis 20 ans. Selon des sources proches du dossier, «la division des investigations criminelles (Dic) a déjà réuni des indices graves et concordants tendant à établir le délit de détournement de deniers publics, escroquerie, faux et usage de faux à la mairie de Dakar».



Khalifa Sall, a été entendu ce mardi, sur le rapport 2009-2012 de la mairie de Dakar à la Division des investigations criminelles (Dic). Il a été interrogé sur la gestion de la Caisse d’avance notamment sur les 30 millions qu’il recevait par mois pour des dépenses sociales.

 Selon les révélations de Libération, le maire socialiste a tenté de se défendre même si la caisse d’avance, contrairement à ce qu’il soutient, ne figure pas dans la nomenclature budgétaire de la mairie.

 Khalifa Sall dit que : «s’il a fait ce qu’on lui reproche, c’est que d’autres le faisaient avant lui. C’est comme si demain un gestionnaire disait : «j’ai volé mais mes prédécesseurs le faisaient aussi  pour quelqu’un qui a été devant un jury d’honneur et qui disait qu’il est "Monsieur propre", l’argumentaire est quand même irréaliste. Il nous dit : «je l’ai fait car cela se fait depuis 1920 », déclare une sources qui s'est entretenue avec nos confrères.

Le Daf, Mbaye Touré qui doit être confronté au maire socialiste, ce matin, a déjà avoué devant les enquêteurs qu’il remettait 15 millions de FCFa au maire toutes les deux semaines. «Depuis 2009, 360 millions de FCfa étaient donc remis au maire chaque année. Faîtes le calcul », fait savoir le même source.

Cette dernière révèle qu’en dehors de Mbaye Touré,  Moctar Diop, (coordonnateur de l’inspection générale des services municipaux), Fatou Touré et Yatma Diao, (division financière), ont été convoqués en même temps que le maire de Dakar.

 "Il est établi que ces décaissements se faisaient sur la base de fausses commandes de riz comme l’ont attestés les magasiniers de la ville. De forts soupçons pèsent aussi sur le percepteur  municipal qui a  ordonné ces paiements sans demander des justifications", conclut-elle. 

Aminata Diouf

Mercredi 22 Février 2017 - 08:28



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