Sécurité renforcée autour d'un site que se disputent hindous et musulmans

La sécurité a été renforcée autour de la mosquée de Babri, dans le nord de l'Inde, avant que la justice ne détermine, vendredi, qui sont les propriétaires de ce site religieux qu'hindous et musulmans se disputent depuis des années.



Sécurité renforcée autour d'un site que se disputent hindous et musulmans
Des milliers de paramilitaires indiens ont été déployés autour d'Ayodhya, une ville dans le nord du pays, et de plusieurs lieux sensibles avant une décision de justice devant statuer vendredi sur la propriété d'un site religieux que se disputent hindous et musulmans.

La haute cour de l'Etat de l'Uttar Pradesh doit trancher sur la propriété d'un complexe religieux abritant les ruines d'une mosquée, un verdict potentiellement explosif redouté par les autorités qui ont déployé 190.000 membres des forces de sécurité dans cet Etat, le plus peuplé de l'Inde.

En 1992, des extrémistes hindous avaient rasé la mosquée, provoquant l'une des pires vagues de violences interconfessionnelles depuis l'indépendance de l'Inde, qui avaient fait plus de 2.000 morts.

Les nationalistes hindous estiment que la mosquée Babri du 16e siècle a été construite par l'empereur moghol Babar sur le site d'un sanctuaire dédié à leur dieu Rama.

La haute cour devra dire si le site était le lieu de naissance de Rama, si la mosquée a été construite après la démolition d'un temple et si la mosquée a été construite selon les préceptes de l'islam.

"Les forces de sécurité, qui avaient été renvoyées dans leurs casernes la semaine dernière, ont été rappelées et déployées", a déclaré mercredi un haut responsable de la police à l'AFP.

Le verdict initialement prévu vendredi dernier avait été reporté, la cour suprême ayant demandé un délai pour examiner une requête de médiation interconfessionnelle, demande qu'elle a finalement rejetée jeudi.

"Il y a environ 40.000 membres des forces de sécurité déployés à des endroits stratégiques d'Ayodhya", a déclaré cette source sous couvert d'anonymat.

Le ministre de l'Intérieur P. Chidambaram, qui a fait le point mardi sur les mesures de sécurité, a identifié 32 lieux sensibles dans tout le pays, dont quatre dans l'Uttar Pradesh.

Il a de nouveau appelé au calme mercredi, précisant que 190.000 forces de sécurité avaient été déployées dans l'Etat.

La sécurité a aussi été renforcée dans la capitale économique Bombay, où les tensions religieuses ont déjà entraîné des vagues de violence.

Le gouvernement de l'Uttar Pradesh a imposé la fermeture mercredi de magasins d'alcool et de feux d'artifice pour éviter tout débordement.

A la veille du verdict, le chef des religieux musulmans de New Delhi, Syed Ahmed Bukhari a appelé à la retenue, plaidant pour que l'"harmonie soit maintenue à tout prix".

Les hindous veulent qu'un temple en l'honneur de Rama soit construit et certains estiment qu'une décision les en empêchant pourrait provoquer des violences. La construction hors site d'une partie de ce temple a toutefois déjà débuté.

La date du verdict est particulièrement malvenue pour le gouvernement. Elle survient deux jours avant l'ouverture des Jeux du Commonwealth à New Delhi, un événement qui a mobilisé de nombreuses forces de sécurité en raison de craintes d'attentats.

AFP

Jeudi 30 Septembre 2010 - 11:42



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