Sénégal - Affaire Babacar MBENGUE de Mboro : le silence de loi encourage la violence politique



Sénégal - Affaire Babacar MBENGUE de Mboro : le silence de loi encourage la violence politique
Au moment où l’école sénégalaise est en crise à l’image de tous les secteurs économiques, culturels et sociaux du pays, Maître WADE se laisse huer à Ziguinchor par les populations qui en ont marre de ses parades coûteuses et inutiles. On dépense sans compter pour transporter et entretenir des militants tout au long de ses tournées pour donner l’impression d’être populaire. Et les médias d’Etat de jouer leur partition de façon véreuse, surtout la télévision nationale, pour nous présenter une brume sous les apparences d’un soleil au zénith. Notre cher président parcourt le pays de Ziguinchor à Matam en passant par Kolda pour battre campagne de façon déguisée pour le compte de ses tocards. Au finish, il récolte le dépit populaire et des pertes en vies humaines par accident. Pendant ce temps, le gaz se fait toujours rare, le coût de la vie demeure toujours insupportable, l’insécurité touche même le représentant du FMI au Sénégal qui a vu son domicile cambriolé. La violence accompagne la campagne électorale et fait ses victimes. A Mbour leur querelle de bas étage débouche sur la Mort par « crise cardiaque » d’une autorité politique. A Dakar et dans certaines zones du pays, des maires sortants sont copieusement hués par les populations. Des responsables du parti au pouvoir tabassent un des leurs à Kédougou en l’accusant d’avoir fait main basse sur leur budget de campagne. Et à Mboro, Babacar MBENGUE, victime de son engagement patriotique, voit sa maison assiégée par une meute de voyous armés de gourdins et de pierres, sa voiture calcinée… « La distance de l’homme à la bête est souvent si proche ». Ces actes de lâcheté souvent posés par cette nouvelle race de dirigeants que nous avons, confortent la véracité de ce propos du poète Amadou Lamine SALL. Qu’avons-nous fait au bon Dieu pour mériter cette situation?

Aujourd’hui, mon peuple a les plus grandes difficultés pour se libérer du cercle vicieux des promesses mirobolantes de notre Grand Maître émérite de la diversion. Sous prétexte de faire une tournée économique, il prêche avec la dextérité de la ruse du renard, s’armant de son talent à faire rêver les non avertis, et pêche dans les eaux de la déche populaire généralisée. Dans sa tournée, le drapeau bleu de son parti remplace celui de la République (encore le bleu très prisé par la Fédération de loges maçonniques en France intitulée « la Maçonnerie bleue » portée vers le libéralisme), le discours partisan éclipse celui étatique allant jusqu’à promettre de laisser le pays à une génération de constructeurs. Quelle farce grotesque ! Président, personne ne vous a investi de la mission de vous choisir un successeur ; cette tâche incombe au peuple souverain. Libre à vous de rêver et de faire rêver les ignorants et les plus esprits faibles ! James West avait raison de s’écrier : « Je ne crois plus au compte de fée même si cela venait de moi ».

Le caractère référendaire de ses joutes électorales ne laisse pas Maître indifférent surtout qu’il risque de voir la liste de sa coalition laminée partout au Sénégal à cause de la colère grandissante des populations étouffées par la gabegie de sa « famille princière » et les dérives de son équipe d’incompétents. La force des coalitions d’opposition vole le sommeil aux tenants du pouvoir. Des franges importantes de son camp se sont rebellées contre l’arbitraire qui voudrait placer son fils au premier rang avec des velléités de briguer la mairie de Dakar. Ces derniers parmi lesquels le Docteur Lamine BA, Moustapha Diakhaté… sont menacés d’exclusion du PDS par notre grand père « démocrate ». Il n’a pas assimilé les leçons de démocratie et d’éthique de responsabilité servies par nos défunts Mamadou DIA, Sémou Pathé GUEYE etc. Que Dieu les accueille dans son paradis.

Lorsqu’on n’a pas l’expertise nécessaire pour lutter contre l’insalubrité, les problèmes d’assainissement, le déficit d’éclairage public, l’insécurité, les problèmes liés au système éducatif défectueux, au système sanitaire chaotique, à l’absence de programme culturel apte à créer de l’enthousiasme culturel aux sein des populations et la raréfaction des espaces sportifs relégués au second plan par la boulimie de la terre de ces gouvernants qui n’hésitent pas à détruire des stades pour y construire des cantines… lorsqu’on a pas l’expertise nécessaire pour mener à bien une bonne politique de coopération internationale profitable à sa localité, lorsqu’on est pas porté vers la transparence dans la gestion de nos deniers publics comme le fils du président qui se cache toujours derrière son père pour ne pas faire le bilan de nos milliards gérés dans le cadre des chantiers douteux de l’Anoci, il devient plus sage de se soustraire de ces élections locales en vue.

Nous voulons attirer l’attention des populations sur la gravité de certaines pratiques qui sont souvent d’actualité dans des moments de campagne électorale : l’achat de conscience, les trafics d’influence, les intimidations… Refusez de vous laisser acheter par des billets de banque ; votre dignité n’a pas de prix. Ne vendez pas votre carte électeur ; votre choix n’a pas de prix. Ne déléguez pas votre vote ; cela hypothèque votre avenir. Allez changer votre carte d’électeur si vous êtes dans une localité charcutée par le pouvoir récemment sans avoir reçu le quitus des autochtones. Protégez votre vote en restant debout et déterminé à opposer de la résistance à toute tentative de violation des règles électorales au soir du 22 mars. Dites le à votre famille, vos amis et concitoyens partout où vous êtes !

Sans doute, Dakar refuse Karim… mais c’est le Sénégal qui, aujourd’hui, refuse WADE et son régime. Que les coalitions de l’opposition restent vigilantes et évitent de se laisser distraire par les violences verbales ou physiques. La violence est à bannir d’où quelle vienne. L’Etat a l’obligation de jouer sa mission régalienne en garantissant la sécurité des citoyens. Les populations attendent d’être rassurées par des programmes forts, porteurs d’espoir. Aucun pouvoir, fusse-t-il le plus despotique du monde n’est pas éternel. Méditons la triste fin de Lansana Konté et de Nino Vieira pendant qu’il est encore temps. Nous ne sommes pas des moutons de panurges bon pour l’abattoir d’une quelconque dévolution monarchique du pouvoir.

Tafsir Ndické DIEYE
Auteur de polars et de poésie dont :
Odeur de sang (polar), Silence ! On s’aime (poésie)
Editions Le Manuscrit Paris mars 2008
Mail :ndickedieye@yahoo.fr

Tafsir Ndické DIEYE

Samedi 7 Mars 2009 - 17:55



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