Sénégal- Grève des médecins: l’hôpital Fann exécute, Abass Ndao s'interroge

La décision d’affecter la gynécologue Maguette Diagne Konté, en service à l’hôpital El Hadj Ibrahima Niasse de Kaolack, a paralysé pendant de bonnes heures le service dans certains hôpitaux de la capitale ce lundi 9 février. Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES) a décrété un mot d’ordre de grève de 8h à 13h avec port de brassards rouges pour s’insurger contre cette affectation qu’il juge "arbitraire". Au Centre hospitalier de Fann, le mouvement est bien suivi par les médecins tandis qu’à l’hôpital Abass Ndao les récurrentes revendications de l’intersyndicale ont semblé prendre le dessus sur le mouvement décrété par le SAMES.



Sénégal- Grève des médecins: l’hôpital Fann exécute, Abass Ndao s'interroge
A l’entrée, l’hôpital Fann ne semble pas être affecté par la grève des médecins. Tout se passe normalement. Malades, accompagnants et visiteurs effectuent leur habituel va-et-vient tandis que les vigiles veillent au grain et filtrent les entrées. II est quasiment impossible de deviner sur le visage des patients qui sortent de l’hôpital que seuls le service minimum et les urgences y sont assurés.

En revanche, cette ambiance contraste avec celle de l’intérieur de l’hôpital. A voir le personnel, on sent nettement que le mot d’ordre du Syndicat Autonome des Médecins du Sénégal (SAMES) est bien respecté. Ils ont presque tous des brassards rouges bien visibles.

«Nous nous insurgeons contre l’affectation arbitraire et injuste de notre collègue le docteur Maguette Diagne Konté gynécologue à l’hôpital El Hadj Ibrahima Niasse de Kaolack. L’affectation s’est faite sur fond de conflit et de tension suite à un rapport dont nous ignorons le contenu. Et puis il n’y a pas nécessité de service» a expliqué le responsable de la commission juridique et revendications du SAMES, Joseph Mendy. Trouvé en compagnie de ses collègues à côté d’une boutique, chacun sirotant du jus de fruits, ils ont profite apparemment de ces heures de grève.
«Quand on est en service c’est vraiment difficile d’avoir le temps de se rafraichir encore moins de manger» a lancé un d'entre eux d’un ton malicieux.

Revenant sur le motif de la grève de 8h à 13 h, Dr Mendy a évoqué le grand travail qu’a abattu la gynécologue depuis qu’elle est à Kaolack. «Le docteur Maguette a fait trois ans de service à Kaolack. Pendant ces trois ans, elle a réussi à mettre en place d’excellents programmes concernant la mortalité maternelle et infantile, la planification familiale et d’autres préventions d’infections gynécologiques. Au moment où elle est en train de mettre en œuvre ces programmes, une note tombe l’affectant sans pour autant que ce soit justifié» a-t-il soutenu. Le responsable de la commission juridique et revendication du SAMES d’indiquer que le mouvement de grève est suivi à 95% à Fann et que les 5% restants concernent le service minimum et la prise en charge des urgences.

Toutefois, il est resté imprécis sur la suite à donner au mouvement. «Nous avons rencontré le ministre de la Santé (Safiétou Thiam) et son staff hier (dimanche 8 février) jusqu’à 22h. Elle nous a montré qu’elle est dans de bonnes dispositions pour vider ce contentieux. Nous espérons que dans les prochaines heures, il y aura une réaction positive et que cet incident sera dépassé» a-t-il indiqué.

A moins d'un kilomètre de Fann en allant vers le centre ville, se trouve l’hôpital Abass Ndao très réputé par ces temps-ci à cause de ses incessants mouvements de revendications. Il est 12h. L’enceinte est meublée par des groupuscules de personnes. Ces différents groupes, chacun en ce qui le concerne est en train de palabrer.

Point de brassard rouge comme recommandé par le SAMES. Il a, ainsi, été difficile de reconnaitre les médecins. Car nombre d’entre eux, n’ont pas mis leur blouse blanche. Pis, certains ne sont même pas au courant de la grève de protestation contre l’affectation du docteur Maguette Diagne Konté au district sanitaire de Thiadiaye tandis que d’autres disent l’avoir oublié.

Interpellés sur la grève de ce lundi 9 février décrétée par le SAMES, les médecins font un glissement vers la plateforme revendicative de l’intersyndicale des travailleurs de Abass Ndao en mouvement depuis plusieurs jours.

Awa DIEDHIOU

Lundi 9 Février 2009 - 15:24


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