Sénégal Magal transport gros porteurs: quand les fidèles côtoient la mort

Le grand Magal de Touba a pris fin ce samedi 14 février en début d’après midi. Les fidèles ont commencé à rentrer. Le même rush qui a été observé à l’aller se reproduit au retour. Les véhicules de transport en commun dans leur diversité ne suffiront pas. Les gros porteurs appelés «Ndieumbeut» en wolof, les camions frigorifiques et même ceux destinés au transport de bêtes, de marchandises, de sables… seront de la partie. Les jeunes qui prennent ce type de transport évoquent le manque de moyen. Ils ne se préoccupent pas du danger et misent sur la grâce de Cheikh Ahmadou Bamba pour faire sain et sauf le voyage.



Sénégal Magal transport gros porteurs: quand les fidèles côtoient la mort
Pour le voyage du grand Magal de Touba, il n’y pas de véhicules spécifiques destinés au transport des fidèles. Tout moyen de locomotion capable de faire le trajet est utilisé. Pour les pèlerins, tous les moyens sont bons pour se rendre à Touba. Ceux qui n’ont pas les moyens de prendre les véhicules de transport en commun classique se rabattent sur les gros porteurs pour le transport de marchandises ou tout type de camions au grand dam de leur sécurité.

Âgé d’une vingtaine d’années, Modou Sy porte un bonnet noir en laine. De taille 1m 70, il a comme chaussures des chaussettes. Ce pèlerin, rencontré ce samedi vers les environs de 1heure du matin à la caserne des sapeurs pompiers de Touba, prend du plaisir en voyageant dans un gros porteur. «Le prix n’est pas cher, et en plus, on vit «baye fallement (à l’aise, sans gêne)» dans le camion. On se permet de fumer sa cigarette, on prépare même du thé dans le camion. Parce que on dispose de tout notre matériel», a expliqué Modou Sy. Il a même révélé qu’il y a des jeunes filles qu’on surnomme «yaye fall» qui prennent ce moyen de transport. Ce jeune a indiqué qu’il est venu avec le camion et il compte rentrer à bord. «Le prix n’est que de 1500f. C’est très abordable».

Interpellé sur les risques encourus en prenant ces camions, le seul jeune qui a accepté de se prêter à nos questions et qui, par ailleurs, est Baye Fall a fait savoir:«il n’y a pas de souci, on remet tout à Dieu. Ces camions n’ont pas un nombre limité, ils peuvent contenir plus de 100 personnes au maximum tout depend de sa taille».

Le transport en commun avec ces camions ne date pas d’aujourd’hui. Depuis des décennies, des fidèles se rendent et rentre de Touba avec ce type de voitures destinées aux marchandises et aux bêtes. Le recouvrement du billet se fait en cours de route quelque part dans la forêt.

«Certaines personnes n’ont pas de transport, et c’est après avoir effectué un long parcours que le camion s’arrête pour recouvrer le prix du transport. Et la plupart du temps, il y a des personnes laissées en route parce qu’elles n’ont pas d’argent. Parfois, ce sont les passagers qui se cotisent pour lui payer son transport», a expliqué un groupe de jeunes filles en train d’embarquer dans le camion 16-28.

Pour rappel, le vendredi 13 février un camion transportant du charbon de bois et des pèlerins et venant de kaffrine s'est renversé à 10km de Mbar sur la route de Touba. Le bilan de cet accident a été de 7morts et de plus de 30 blessés selon les sapeurs pompiers.

Baye Fall (homme) Yaye Fall (femme) : les disciples Cheikh Ibrahima Fall compagnon et serviteur de Cheikh Ahmadou Bamba

Ndèye Maty Diagne (Stagiaire)

Dimanche 15 Février 2009 - 13:50



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