Sénégal – alternance : Dans le secret de la misère des Transhumants politiques



Sénégal – alternance : Dans le secret de la misère des Transhumants politiques
Déterminé à écraser le Parti socialiste en 2000, le président de la République, Abdoulaye Wade sorti vainqueur contre son rival historique, Abdou Diouf avait accueilli en grande pompe les transhumants politiques. Avec des menaces et des promesses de postes juteux, Me Wade avait élargi la famille libérale contre la volonté de nombre de Sénégalais qui n’ont de cesse décrié cette façon de procéder qui est en déphasage avec l’éthique et les valeurs cardinales qui fondent la société sénégalaise. En 2012, avec la chute de Wade, les transhumants se signalent. Des personnalités qui ont gouté aux prairies bleues veulent maintenant monter sur l’étalon marron du leader de l’Alliance pour la République (APR).

Mbaye Diouf (Thiès), Baïla Wane (Saint-Louis), Aliou Seck (Koungheul) et plusieurs autres personnalités qui ont eu à accompagner Wade dans la gestion des affaires ont déposé leurs baluchons à l’Apr. Ces leaders n’ont même pas attendu que le Parti démocratique sénégalais (Pds) finisse la période de deuil après la chute du 25 mars. Ces personnalités ont visiblement horreur de la galère qui guette les nouveaux opposants. C’est la débandade.

Mais les transhumants ne sont visiblement pas les bienvenues dans le camp des Républicains, du moins officiellement. La réaction des cadres de l’Apr en est une illustration parfaite. Dans une déclaration publiée dont copie est parvenue à la rédaction de PressAfrik.com, la Convergence des cadres républicains attire l’attention du Président Macky Sall sur la nécessité de tirer les enseignements de la déroute du PDS à la présidentielle de 2012 et avant, celle du PS en 2000. «En donnant l’impression d’encourager la transhumance, notre parti déroge à des valeurs fondamentales en politique que sont la fidélité, la loyauté et le sens du combat, principes sur lesquels l’Alliance pour la République (Apr) a été fondée dans une perspective de critique et de rectification de l’Alternance », soulignent les cadres de l’Apr. Ils invitent le président Sall à être vigilant face à certaines personnes à la recherche de sinécures et de prébendes.

Entre le marteau de la galère et l’enclume de la résistance des Républicains, les transhumants vont donc devoir choisir. Dans ce choix, ils ont un adversaire de taille : les Sénégalais. Nombre de citoyens du pays s’offusquent de cette façon de faire. C’est ce qui explique peut-être la discrétion dans laquelle les transhumants opèrent. Mais ce silence sera pour combien de temps ? L’avenir de nombre d’acteurs politiques va manifestement se jouer lors des élections législatives du 1erjuillet.

Issa Ndiaye

Vendredi 27 Avril 2012 - 08:17



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