Sénégal élection et affaire: la campagne peine à s’emballer

Une campagne morose. Voici en somme comment sérigraphes, animateurs et transporteurs en commun qualifient la campagne électorale pour les élections locales du 22 mars. Jadis une occasion de faire des affaires, cette présente campagne n’est, pour le moment, que désillusion pour ces «businessmen». Ils n’arrivent pas à trouver de marché avec les hommes politiques alors que certaines populations s’ennuient, ne sentent pas trop d’animation dans les meetings. Effet de mode ou conjoncture ?



Sénégal élection et affaire: la campagne peine à s’emballer
Démarrée le 1er mars, la campagne électorale va boucler sa première semaine. Elle ne se fait pas encore sentir comme les précédentes. Le pays, les villes, les localités ne sont pas encore au rythme de la campagne. Ça tourne au ralenti. Cette morosité de cette campagne pour les élections locales du 22 mars prochain se ressent beaucoup plus du côté des sérigraphes, animateurs, artistes et transporteurs en commun. Elle se déroule, pour le moment, sans grand intérêt pour ceux qui espéraient se remplir les poches durant les 21 jours de campagne. «Les temps sont durs on comptait sur les élections pour augmenter nos recettes mais les choses ne sont pas comme on le souhaitait» se désole Arif Yancouba trouvé dans son atelier en train de faire la finition d’une pancarte.

Cet avis du sérigraphe est largement partagé, ou du moins chez les animateurs. A Guédiawaye, vers le dancing ‘’Le Ravin’’, Manel Diop gère un local qui fait dans la location de matériel d’animation. Des baffles, des chaînes à musique, des CD sont bien rangés, bien compilés. Pour appâter des clients, l’animateur distille de la musique à travers les deux baffles qui sont juste devant le local. Cette opération de charme n’a, cependant, pas encore fait des frais en tout cas pas du côté des politiques. «On n’a pas encore de contrat d’animation. En 2007 nous avions un contrat avec un parti politique», soutient le DJ (Disc joker). Sans perdre espoir, il poursuit : «je suis optimiste pour la suite de la campagne».


Même son de cloche chez les transporteurs. Eux aussi, se plaignent de l’inactivité de la campagne. Les transporteurs n’arrivent pas à avoir de marché non plus. A la gare routière de la Patte d’oie. C’est le train-train quotidien. Des cars attendent des clients tandis que d’autres sont déjà remplis et sont sur le départ. Un groupe de chauffeurs trouvés en pleine discussion soutient que la campagne ne se sent pas encore et attend désespérément une proposition de location de voiture. «Cette campagne n’est pas du tout animée. Nous sommes là et nous attendons d’avoir des contrats de location. D’ailleurs nous parlions de ça, on ne voit pas les politiciens» lance le chauffeur Mor Ndiaye. «La vie est dure et cela se répercute dans la campagne électorale. Car les candidats ont opté de faire leur campagne avec les moyens du bord» estime-t-il.

La banlieue, à Guédiawaye précisément, la population ne vit pas non plus au rythme de la campagne. Il n’y a ni animation ni grands rassemblements. Selon Mbengué, une vendeuse d’arachides grillées rencontrée près de la boite de nuit ‘’Le Ravin’’, cette présente campagne n’est pas comme celles des années précédentes. «Les candidats n’ont pas encore organisé de meetings. On nous donnait des tissus ou des t-shirts, mais cette fois-ci rien n’est fait», indique la dame.

Ndéye Fatou Ndiaye trouvée chez elle est du même avis. Elle explique : «on a encore rien vu, il y a une militante du PDS (parti au pouvoir) qui habite ici à Guédiawaye, le dimanche passé, elle a pris 20 jeunes seulement auxquels elle a donné des T-shirts. Ils ont fait une tournée sans grande pompe ici. D’habitude je récoltais beaucoup d’argent pendant les élections mais cette année tout est nase. Il m’arrivait même d’aller jusqu’à Fatick pour des meetings».

Ndéye Maty Diagne (stagiaire)

Vendredi 6 Mars 2009 - 10:34



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