Sénégal : la France demande à Wade de céder le pouvoir

La candidature de Wade, 85 ans, à un nouveau mandat après 12 ans de pouvoir passe mal dans l'opposition sénégalaise qui veut tourner la page. Des affrontements ont encore éclaté, mercredi, sur le campus de l'université de Dakar pour protester contre la mort d'un étudiant lors de la dispersion d'un rassemblement de l'opposition qui a promis une «nouvelle stratégie» face au président sortant Abdoulaye Wade.



La police sénégalaise a dispersé mardi soir à Dakar un rassemblement de milliers d'opposants venus contester la candidature du chef de l'Etat Abdoulaye Wade à la présidentielle de février, après des violences qui avaient fait trois morts en trois jours | Fabrice Coffrini
La police sénégalaise a dispersé mardi soir à Dakar un rassemblement de milliers d'opposants venus contester la candidature du chef de l'Etat Abdoulaye Wade à la présidentielle de février, après des violences qui avaient fait trois morts en trois jours | Fabrice Coffrini
Face à cette violence, la France a, par ailleurs, adressé un message aux autorités sénégalaises exprimant le souhait d'un renouvellement de génération à la tête de l'Etat lors du scrutin présidentiel du 26 février. A l'appel du Mouvement du 23 juin (M23), coalition qui regroupe des représentants de l'opposition et de la société civile, des milliers de personnes s'étaient rassemblées, mardi soir, à Dakar pour exiger le retrait de cette candidature. Le rassemblement a été dispersé par la police et un étudiant a été tué, renversé par un véhicule.

Ce qui a provoqué des affrontements sur le campus de l'université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar entre les forces de l'ordre à des étudiants protestant contre sa mort. Les incidents ont éclaté à la mi-journée et se poursuivaient en fin d'après-midi, avec jets de pierre contre grenades lacrymogènes et balles en caoutchouc. «On en a marre du régime Wade», clamaient notamment les jeunes protestataires.

Youssou Ndour demande à la France de pousser Wade vers la sortie


Le chanteur sénégalais Youssou Ndour, dont la candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel, a demandé, mercredi sur RTL, au gouvernement français de dire au président Abdoulaye Wade «qu'il doit partir». Le célèbre chanteur proteste contre l'invalidation de sa candidature au motif qu'il n'avait pas présenté un nombre suffisant de signatures valides. Depuis, il a appelé à des manifestations pacifiques contre le président Wade dont la candidature a été validée.

Mercredi, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a expliqué que la France «regrettait que certaines sensibilités ne soient pas représentées» et souhaité «que le passage de générations soit organisé» au Sénégal. Pour Youssou Ndour, «le gouvernement français doit être beaucoup plus précis. Il doit dire que la Constitution ne permet pas à Wade de participer à cette élection, il doit lui demander de partir pour qu'on avance et que ce pays reste dans la paix et la démocratie».

Il faut que la France dise «clairement» à Wade de ne pas se représenter, selon Royal

«Abdoulaye Wade n'a pas le droit de participer à cette élection, a souligné le chanteur. On ne baisse pas les bras, on continue le combat politique. Ils ont peur de moi car je suis majoritaire, mais l'intimidation ne me fera pas reculer, je continue mon combat, je suis le candidat du peuple».

«Si le président Wade s'obstine, les choses vont tourner très mal. La France doit intervenir et dire clairement que le président Wade ne devrait pas se présenter», a déclaré mercredi soir sur BFM TV, l'ancienne candidate socialiste à l'Elysée, Ségolène Royal.

Au Sénégal, des violences ont éclaté le 27 janvier à Dakar et dans d'autres villes à l'annonce de la validation de la candidature Wade. Trois personnes ont été tuées en quatre jours.
Source: Le Parisien



Mercredi 1 Février 2012 - 23:23



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