Sénégal : la République des papelards

« […] A quoi serviraient de douces, d’impeccables alternances si, dans les coulisses, continuaient la corruption, les trafics, les détournements, les faveurs, l’arbitraire… ? ».

Eric Fottorino et all, Besoin d’Afrique, p.39



Sénégal : la République des papelards
C’est plus qu’un truisme que de le dire. Le Sénégal est entrain de vivre une situation dialectiquement difficile. Sans précédent ! Il va mal. On peut même le comparer à un bateau en pleine mer et qui est en passe de prendre eau de toutes parts. Son peuple qui, le 19 Mars 2000, avait pris l’engagement de troquer le cheval borgne socialiste contre l’aveugle libéral le regrette amèrement. Pétrifié, il l’est jusqu’au trognon. L’Alternance tant chantée est devenue un mauvais débarras. La démocratie considérée comme un modèle est comme enfoncée dans le brouillard. L’espoir est tué. L’avenir reste plus qu’incertain.

Une fois installé au pouvoir comme ver au bon milieu d’un fruit mûr, le Papelard en Chef s’adonne à son jeu favori : le délire, la diversion, le pilotage à vue, le forcing, la mascarade, le coup bas, le sacrilège, les intimidations, le parjure, le tripatouillage, la magouille etc. La République est à genoux et les institutions, ces véritables pivots du trépied de l’Etat, avec. Le Papelard en Chef ne s’attèle qu’à la satisfaction des ambitions de ses propres frères de parti. Il fait et défait les lois selon sa propre convenance. Il est entouré d’hommes incultes au sens de l’Etat, frustes, profiteurs de régime, simples valets obnubilés par les prébendes et autres subsides. Ces goguenards l’aiment jusqu’à l’idolâtrie et sont prêts à gueuler à tout vent : « Sur instruction du Président de la République, Me Abdoulaye Wade… »

« Pauvre le pays, riches les dirigeants », la sentence est de mise, aujourd’hui, au Sénégal. La séparation des pouvoirs qui est une partie intégrante d’une République digne de ce nom n’est que formelle. Elle est une simple figuration. Le Vieux Papelard n’est à l’aise qu’avec ceux qui le suivent comme des toutous dans sa fâcheuse et ignoble mission : affamer le peuple, barrer la route à certains symboles de la réussite nationale. Jalousie ! Monsieur Bara Tall, patron de Jean Lefebvre/ Sénégal est intimidé pour la simple raison qu’il refuse de céder aux basses manœuvres du régime libéral ; le groupe de presse Walfadjri, lui, continue de subir la furie des Apprentis-Papelards et Dieu sait que son seul tort est d’avoir le courage d’informer les humbles citoyens de ce qui se passe dans leur pays. Le groupe Futurs Médias, il mérite qu’on en fasse cas. Tout le monde sait que M. Youssou Ndour est une fierté nationale qu’on le veuille ou pas ! Le leader du Super Etoile est un grand cœur. Il a contribué grandement à la résorption du chômage de par les emplois qu’il crée. Des personnes de sa trempe sont à chérir, à aduler. Que serait le Sénégal s’il y avait cinq (5) You ? Le refus obstiné de lui délivrer une licence pour le lancement de sa télévision TFM relève de l’arbitraire. Ce Self made man sénégalais, cette utilité publique, ce grand Patriote ne mérite vraiment pas ça. Rien ne justifie le comportement éhonté des Papelards de la République.Une sagesse bien de chez nous ne pontifie pas que : « L’on étête pas un arbre qui donne des fruits ».
Levons-nous pour rétablir la vérité !
Ibrahima Ngom Damel,
Journaliste-Ecrivain
Tel : 77 728 40 52
E-mail : yboupenda@yahoo.fr


Ibrahima Ngom

Mardi 24 Novembre 2009 - 15:00



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