Sénégal - opinion: Peuple du 19 mars, relève-toi et marche !



Sénégal - opinion: Peuple du 19 mars, relève-toi et marche !
« Voici le grand jour, Mari Djata (Soundjata). Je te parle, Maghan, fils de Sogolon. Les eaux du Djoliba peuvent effacer la souillure du corps; mais elles ne peuvent laver d'un affront. Lève-toi jeune lion, rugis, et que la brousse sache qu'elle a désormais un maître ».

Cette épigraphe que nous empruntons à l’excellent écrivain Djibril Tamsir Niane dans son ouvrage-culte intitulé « Soundjata ou l’épopée Manding » nous sert d’exhortation en ce 19 mars 2009 veille des élections locales, prévues ce dimanche 22 mars.

Il y a 9 ans, le Sénégal administrait à la face du monde entier une belle leçon de démocratie en congédiant un pouvoir semi-séculaire et défaillant sans effusion de sang.

Notre pays venait ainsi de donner un sens entier à la citoyenneté agissante par la réalisation d’une alternance pacifique. Cela n’aurait pu avoir lieu sans la contribution de plusieurs acteurs du système.
L’Etat, symbolisé par le tact de son chef Abdou Diouf, l’opposition cornaquée par le teigneux Abdoulaye Wade, le ministère de l’Intérieur pour sa neutralité, l’ONEL pour sa stricte supervision, la société civile par son dynamisme, une bonne partie de la classe maraboutique par son équidistance, la presse par sa constante vigilance mais surtout le peuple par son aspiration profonde au changement.

Depuis cette date fatidique et historique, véritable aube démocratique, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts du Sénégal. Des reculs et reculades inattendus se sont opérés au grand dam du peuple sénégalais.

Nul besoin de tenir la désolante comptabilité de ces errements et trahisons aux plans politique, économique et social. Nous en connaissons parfaitement les tenants et les aboutissants pour les avoir quotidiennement vécus.

La vitrine démocratique s’est craquelée transformant notre modèle démocratique en un repoussoir à force d’anti-valeurs. Des pays comme le Ghana, le Mali ou le Bénin nous ont relégué à l’arrière-plan par la qualité de leur management sans tambour, ni trompette.

Que de remaniements, que de tripatouillages de la Constitution, que de dépenses gabegiques et non prioritaires, que de violences inouïes. L’enseignement est laissé pour compte, la santé est malade, l’électricité se raréfie, la pauvreté se développe narguant la fameuse stratégie de réduction de pauvreté, la faim s’installe un partout, le chômage et le sous-emploi deviennent la règle. L’émigration clandestine prend des proportions inquiétantes laissant dans les océans et déserts des milliers de nos compatriotes. Pendant ce temps une caste de privilégiés se partage impunément les maigres ressources de la collectivité.

Pour preuve, le chef d l’Etat a lancé à ses responsables de parti à Mbour : « Taisez-vous ! D’ailleurs, n’eût été ma magnanimité, vous tous devriez vous retrouver derrière les barreaux » Renversante impunité. L’aveu est la reine des preuves, dit-on en droit.

Dans l’écrasante majorité des collectivités locales, c’est le « je-m’en-foutisme » qui règne en maître. Les terres sont illégalement vendues, les fonds de secours politiciennement et népotiquement distribués. Les mairies se gèrent par procuration parce que ceux qui avaient sollicité avec véhémence les suffrages de leurs concitoyens ne demeurent pas pour l’essentiel dans leurs localités. Ils ne sont que des faire-valoir.

L’éclairage public, la voirie, l’assainissement, la sécurité sont les parents pauvres dans les communes, communautés rurales et régions.

Avec tout cela, on ose nous dire que le meilleur reste à venir. Ce n’est qu’une chausse-trape piège ou un attrape-nigaud.

Cette mascarade ne peut pas continuer. Aujourd’hui, le même peuple du 19 mars est, ironie de l’histoire, encore placé, ce 22 mars, devant l’Histoire pour confirmer son pouvoir sur son destin. Nous devons impérativement relancer notre machine citoyenne en panne.

Le Président Abdou Diouf a bien raison de dire qu’il ne faut pas s’accrocher au pouvoir, qu’il faut des alternances pour faire respirer la démocratie. La notre est menacée d’étouffement et d’asphyxie. Elle a encore besoin d’expirer et d’inspirer (phases de la respiration) pour sa viabilité. Sinon ces prévaricateurs pourraient penser que les mandats qui leur ont été confiés leur appartiennent.
Déjà que certains, caressant le doux rêve de dévolution monarchique, veulent léguer le pouvoir délégué par le peuple à un successeur biologique.

Ces élections, pour locales qu’elles soient, renferment un caractère stratégique en direction des prochaines consultations, notamment présidentielles. C’est un test grandeur nature sur l’orientation que le peuple sénégalais entend donner à sa trajectoire.

A cet effet, l’abstention ne saurait être une attitude responsable. Ce serait une fuite en avant dommageable et un refus manifeste de prise en charge de notre destinée collective.

Exprimons en toute sérénité notre rejet de la mal gouvernance en sanctionnant les fautifs. Ceux qui se battent partout entre eux ou agressent de paisibles adversaires ont d’autres motivations personnelles et de carrière éloignées des préoccupations de la grande majorité
Vouloir rester chez soi est une validation de la politique en cours ou celle en préparation.

Le meilleur service que nous pouvons nous rendre nous-mêmes, c’est de rectifier nos erreurs de choix. Ce serait une excellente leçon que nous donnerions à tous les candidats et nous permettrions ainsi à la politique de pouvoir recouvrer ses lettres de noblesse au Sénégal pou son blason terni et Sali.

Les alertes citoyennes brandies dans la campagne (accueil mouvementé du président et de ses partisans) sont des signes avant-coureurs qui montrent que le peuple prendra ses responsabilités.
Nous pourrions chanter avec Sogolon Kédiou et Balla Fasséké dans le récit héroïque « Soundjata et l’épopée manding ».

O, jour, quel beau jour.
O jour, jour de joie
Allah Tout Puissant
Tu n'en fis jamais de plus beau.
Mon fils va donc marcher.
Place, place, faites de la place,
Le lion a marché.

Le Sénégal pourra ainsi sortir de sa paralysie actuelle pour laver toutes les souillures perpétrées contre lui et ses populations.

A bon électeur, sursaut !

Abdoulaye Sylla
Fass, Dakar
syllaye@gmail.com



Abdoulaye Sylla

Jeudi 19 Mars 2009 - 13:22




1.Posté par alphousseyni diatta le 20/03/2009 15:45
à fass meme ou demeure monsieur sylla , l'éclairage public , la voirie , l'assainissement est bien une réalité . non , sans démagogie . si sylla est veritablement un fassois (permettez moi d'en douter) , il doit avoir qu'and meme constaté que le quartier a beaucoup changé , en bien . moi , je compte dans la voirie locale quatre grandes rues bitumées et deux allées bien faites , là ou il n'y avait rien avant 2003 . à moins que je n'ai des allucinations pendant les soirées , j'ai bien l'impression que l'éclairage est bien là . il n'y a plus d'agression à fass depuis plusieurs années maintenant . j'espère que ne suis pas allé vite en besogne ; mais de qu'elle fass parle t-on ?

je crois que ça ne fait pas très sérieux ce discours à dizaines de failles . il ne faut jamais inciter à la violence sur fond d'arguments mensongers et pour le moins fallacieux .

il y'a une très vielle tradition , bien réelle croyez moi ; qui veut que ceux qui succitent et favorisent la violence et le chao , ne s'en sortent jamais au bout du compte , indemnes .

interrogez mes parents de casamance . ou sont au jour d'hui , ceux qui étaient les partisants les plus virulants de l'embrasement ? ou sont passés les plus durs des promoteurs du chao et du "fitna" ? ne croyez surout pas que la dislocation soit uniquement défavorable au pouvoir ; ou , vous risquerez probablement de vous révéiller un matin avec une forte envie d'abandonner le navire.

2.Posté par sané oumar le 22/03/2009 20:29
Monsieur Sylla parle globalement même si Fass bénéficie de quelques lampadaires couteusement achetés pour éblouir la visibilité de ces concitoyens. Arrêtez d'etre de mauvaise foi M. Diatta, seul véritable Fassois, à moins d'être partisan vous devez être conscient des nombreuses difficultés que vivent les populations sénégalaises y compris celle de Fass dont le maire n'a daigné se présenter allant jusqu'à se réfugier dans la génération du concret. Vous êtes seul à le soutenir. Lui-même et ses partisans ne le font pas. Ne soyez pas plus réalistes que le roi. Si conscientiser les gens, c'est les appeler à la violence, j'aime bien cette violence légitime. L'alternance est une respiration démocratique, n'en déplaise à ceux qui entrevoient leur fromage se dérober sous leur bouche. A bon entendeur salut !

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