Sénégal – vente d’actions de la Sonatel : l’Etat renonce à la piste France télécom

L’Etat du Sénégal a renoncé à la vente de 9% de ses actions à Sonatel à France Télécom. C’est après plusieurs rounds de négociations entre l’intersyndicale de la Sonatel, la partie française et l’Etat du Sénégal que cette issue a été trouvée. Les travailleurs de cette entreprise des télécom ont réussi à faire ployer l’Etat, à le faire revenir sur les termes du protocole d’accord.



Le siège de Sonatel Mobile situé sur l'avenue Lépold Sédar Senghor
Le siège de Sonatel Mobile situé sur l'avenue Lépold Sédar Senghor
Le représentant des travailleurs au conseil d’administration, Ibrahima Konté a levé un coin du voile sur ce qui a amené l’Etat du Sénégal à revenir sur la décision de vente. «Les réunions de mercredi et de jeudi 30 avril au palais présidentiel ont été décisives. Celle d’aujourd’hui s’est faite en présence du patronat qui était invité à la table de discussion pour sa participation dans le cadre d’une offre publique de vente qui serait subséquente à l’abandon de la piste France télécom et une recherche d’une solution nationale», a expliqué l’ancien secrétaire général du Syndicat des Travailleurs de la Sonatel (SYTS). Selon Ibrahima Konté, «en présence du privé national, l’Etat a dit publiquement qu’il a abandonné la piste de France télécom pour s’orienter résolument vers cette solution nationale. C’est ce qui justifiait la présence de tous les segments du secteur privé national».

Cette nouvelle donne n’implique pas automatiquement l’annulation du plan d’actions. Ibrahima Konté a souligné : «nous allons évaluer demain (vendredi 1er mai) avec les membres de l’intersyndicale et nous aviserons après».

Les travailleurs de la Sonatel veulent que le combat qu’ils ont mené et qui vient de porter ses fruits fasse tâche d’huile sur le territoire national. «Nous avons lancé un message clair et fort à l’Etat, notamment par rapport au patriotisme économique, par rapport au patriotisme d’entreprise, par rapport aux résultats généraux de l’entreprise pour un véritable dialogue économique, politique et social qui permettra véritablement d’éviter le renouvellement de genre de problème que la Sonatel a connu parce qu’il n’y a pas que la Sonatel qui est malade. Il y a d’autres secteurs qui étaient visés». Et de préciser : «aujourd’hui, il faut que l’Etat s’engage à étaler cet accord avec la Sonatel à plusieurs secteurs économiques pour que ce genre de problème ne reviennent plus dans notre pays».

Le syndicaliste et administrateur de la Sonatel a, par ailleurs, tenu à faire savoir : «je pense par rapport à France Télécom, nous disons et nous répétons, nous n’avons pas de problème de chauvinisme par rapport à eux». Et de poursuivre, «le seul problème c’est que les français aiment être patriotiques chez eux, mais certains d’entre eux n’aiment pas voir des patriotes ailleurs». Ibrahima Konté a indiqué : «nous disons que ce sont des partenaires, nous leur tendons les bras pour qu’ils reviennent travailler et faire en sorte que la Sonatel soit un partenaire privilégié qui gagne des parts de marché à la dimension de MTN et que même la Sonatel puisse gagner des parts de marché au Soudan comme c’est le cas au Sénégal avec Sudatel».

L’ancien secrétaire général du SYTS a, en outre demandé aux travailleurs de ne pas baisser les bras parce qu’un combat n’est jamais fini. «Jusqu’au conseil d’administration qui est prévu le 6 mai nous allons rester vigilent. C’est pour cela que je ne peux pas vous dire que nous allons annuler la marche du mardi prochain. Nous continuerons à être mobilisé».


Vendredi 1 Mai 2009 - 01:34



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