Serigne Khadim Lô sur la crise égyptienne et le massacre du 14 Août 2013

« ... Ne détruisez point la vie qu’Allah a rendue sacrée... ». (Coran, Sourate -17, verset 33)



Serigne Khadim Lô sur la crise égyptienne et le massacre du 14 Août 2013
A la lecture des évènements qui secouent L’Égypte et plus précisément du massacre du 14 Aout ; L’angoisse est certes affligeante pour tout un chacun qui se soucie du bien-être de la Oummah. Dès lors nos prières accompagnent ces innocents défunts et nous partageons certainement la douleur de leurs familles.
Devant une telle calamité, la patience s’impose à la lumière du verset Coranique qui proclame : « Annonce une heureuse issue aux patients, à ceux qui, frappés d’un malheur disent : « nous appartenons à Dieu et à Lui nous ferons retour ! » Ceux – là, auront pour lot miséricorde et bénédiction de leur Seigneur  (Coran, Sourate 2-la vache v 156).

La mort de ces derniers est d’autant plus consternante qu’il s’agissait rien de plus que de simples citoyens exerçant leur droit aliénable de manifester.

Devant ce génocide du Caire, l’on ne saurait rester sourd et muet ou encore invoquer la « non-ingérence dans les affaires d’autrui. » car le coran dans sa Sagesse nous apprend que « Celui qui tuerait un homme non coupable d’un meurtre ou un délit sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. » (Coran Sourate 5 verset 32).

L’Egypte a été de tout temps un creuset de la science islamique et exerce une immense influence culturelle sur le monde arabe. Caire et sa fameuse université fut le berceau de bon nombre de dogmes et doctrines islamiques. Aujourd’hui c’est tout cet héritage qui est menacé. Au demeurant c’est toute la paix du monde qui est menacée d’une manière ou d’une autre dans ce conflit.  Dés lors notre responsabilité en tant que musulman de prime abord ou d’être humain tout court est entamée.

Cette crise foncièrement remet en cause la notion même de « démocratie. » et ce qu’il faut en penser ! Dans une démocratie des principes comme le droit d’association ou le droit de manifestation sont inaliénables. De même dans une démocratie on ne tue pas des concitoyens impunément ! Au demeurant dans une démocratie, lorsqu’ un gouvernement est démocratiquement élu, il va sans dire qu’un coup d’état ne saurait se justifier par les errements de ce dernier !
 
La décision de l’armée d’utiliser de la violence est à bien des égards une erreur de jugement qui mérite une ferme condamnation .Ainsi une béante plaie a été ouverte dans le processus de construction de la jeune nation et au-delà une grave violation des droits de l’homme tient lieu. A cet effet une condamnation ferme de l’OCI et de l’ONU s’impose. Ceci au lieu de faire le procès de L’Islam politique.

Il est sur que l’Egypte entre dans une période de turbulence sociopolitique et les enjeux sont multiples. Si pour certains il s’agit de savoir si le Congres Américain va continuer à financer une dictature rampante en déphasage avec la Loi, pour d’autres il s’agit de vite déclarer la faillite de la notion de « parti islamique. » avant que cela fasse des émules. En tout état de cause c’est le peuple Egyptien qui est perdant, lui qui voit ses terres se transformer en champ de bataille idéologique entre sunnites, chiites et wahhabites. C’est aussi la Oummah islamique qui perd ; elle qui a besoin de paix et de cohésion.

Que la paix et la non-violence enseignées par Cheikhoul Khadim se répandent sur l’humanité entière. 


Fait à Touba Baghdâd
Par  Serigne Khadim Lô Gaydel 

Serigne Khadim Lô

Lundi 26 Août 2013 - 22:53



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