Sidiki Kaba annonce des mesures pour désencombrer les prisons



Le ministre sénégalais de la Justice, Sidiki Kaba, a fait part de mesures visant à donner une réponse au surpeuplement des prisons du pays, comme la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss (Dakar), qui compte quelque 2000 détenus.

‘’La prison de Rebeuss fait trois fois et demi sa capacité. On ne peut pas faire reculé le mur. C’est ce qui fait que les conditions de détention sont dures’’, a-t-il souligné, mercredi, en marge de l'inauguration de la ‘’Cour des métiers’’ du Camp pénal Liberté VI de Dakar selon l'APS.

‘’Nous avons pris plusieurs actions en ce sens, notamment la réforme du code pénal qui est en chantier et qui sera défendue bientôt devant l’Assemblée nationale. Elle prévoit qu’aucun détenu ne pourra faire trois ans en prison sans qu’il ait été jugé sinon le mandat de dépôt devient caduque’’, a indiqué le garde de Sceaux.

De même, en temps de flagrant délit, aucun détenu ne peut faire huit jours sans être jugé, a poursuivi Me Kaba, un avocat de profession et un défenseur des droits humains.

En ce qui concerne les autres détenus, et qui participent à la surpopulation carcérale, le ministre de la Justice a déclaré: ‘’Nous avons décidé d’utiliser l’outil de la libération conditionnelle’’.

‘’Si un détenu purge la moitié de sa peine et fait preuve d’une bonne conduite, il peut bénéficier d’une libération conditionnelle qui lui permet d’être libre’’, a-t-il soutenu.

En amont, a indiqué Me Kaba, les magistrats peuvent utiliser des peines alternatives pour des détenus qui ont de petites peines, d’un à six mois, et qu’ils soient condamnés à de peines d’utilité publique.

Ces aménagements auront, par exemple, à faire des travaux pour la collectivité locale, tout en évitant le surpeuplement des prisons, selon le ministre de la Justice.

Par ailleurs, interpellé sur la saisie d’objets interdits dans les prisons comme le téléphone portable chez les détenus, Me Kaba a signalé qu’au moment des visites, il arrivait que des téléphones soient glissés.

‘’La vigilance est de mise à l’heure actuelle et tout est rentré dans l’ordre. Cela n’est plus à l’ordre du jour’’, a-t-il ajouté.

Sur les procédures d’aménagement des peines, le directeur de l’administration pénitentiaire, Cheikh Tidiane Diallo, s’est félicité de la mesure qui va dans le sens de la réactivation de la libération conditionnelle.

‘’Aujourd’hui, quelque 687 détenus condamnés et remplissant les conditions fixées par la loi ont bénéficié de cette mesure. Les avancées prennent tout leur sens dans le contexte du camp pénal de Liberté VI qui reçoivent exclusivement des détenus condamnés’’, a-t-il souligné.



Jeudi 27 Mars 2014 - 08:09



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