Situation tendue au Cameroun à la frontière avec le Nigeria

Au Cameroun, la situation est toujours aussi tendue le long des 2 000 kilomètres de frontière avec le Nigeria. Les autorités locales doivent faire face à un afflux massif de réfugiés qui fuient les massacres perpétrés dans le nord du Nigeria. Les autorités de Yaoundé redoutent aussi une attaque sur leur territoire de la secte islamiste Boko Haram.



Le flot d’arrivées est quasi ininterrompu depuis quelques jours. Les populations nigérianes qui essayent d’échapper à la furie meurtrière de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria n’ont guère le choix que de traverser la longue frontière avec le Cameroun.

A ce jour, un seul camp de réfugiés a été aménagé dans la région par le Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), précisément dans la ville de Mokolo. Mais il ne peut guère plus accueillir tout le monde. Les nouveaux arrivants s’installent dans des camps de fortune dans les localités de Waza, Dabanga, Fotokol ou Mora. Ils arrivent souvent complètement démunis, voire blessés, et doivent compter sur la solidarité des populations locales.

Sur le front militaire, l’armée dont les renforts sur le terrain n’ont cessé de grossir est plus que jamais sur les dents. L’état-major camerounais est persuadé que la secte islamiste, qui a essuyé un revers avec la mort d’une quarantaine de ses éléments dans un accrochage avec l’armée le week-end dernier, va tenter de faire payer au Cameroun ses pertes. Du coup, plus rien n’est laissé au hasard. Les appels à la vigilance sont lancés dans les mosquées et les lieux publics, les fouilles au corps décuplées. Plusieurs individus au profil suspect ont déjà ainsi été arrêtés.



→Mobilisation en Afrique du Sud pour les lycéennes nigérianes enlevées

En Afrique du Sud, associations, syndicats et organisations politiques continuent de se mobiliser pour le retour des jeunes filles, 274 en tout, enlevées par le groupe islamiste Boko Haram, le 14 avril 2014.

Hier, samedi 7 juin 2014, un cortège réunissant plusieurs syndicats et associations, dont la fondation Ahmed Kathrada, a défilé à Pretoria, du palais présidentiel Union Buildings jusqu'à l’ambassade du Nigeria, avec un seul mot d’ordre : #bringbackourgirls.

Ils sont une centaine, réunis devant Union Buildings pour réclamer le retour des jeunes nigérianes. Parmi eux, de nombreux membres de la Cosatu, la puissante confédération syndicale sud-africaine. Norman Mampani, son porte-parole, déclare : « La Cosatu demande le retour de ces filles dans leurs familles, saines et sauves, et nous nous joignons au président sud-africain pour condamner leur enlèvement et demander leur libération ».

Zuma appelle l'UA à agir pour la paix

Le président Jacob Zuma a fermement dénoncé l’enlèvement des lycéennes nigérianes et appelé l’Union africaine à agir pour la paix et la stabilité sur le continent. C’est un signal fort pour Raphael Ikechukwu Ogbuagu de l’union nigériane en Afrique du Sud : « Nous sommes très heureux que nos frères africains et sud-africains se mobilisent à nos côtés, pour dénoncer ce qui est arrivé à nos filles. Cela envoie un message fort au reste du monde, pour dire que l’Afrique peut se battre pour elle-même ».

En tête du cortège, l’acteur sud-africain Sello Maake ka-Ncube explique pourquoi la campagne #bringbackourgirls  a un écho particulier en Afrique du Sud : « Dans notre pays aussi il y a beaucoup de violence contre les femmes et c’est un problème contre lequel nous nous battons aussi, donc c’est naturel de nous mobiliser ». Les manifestants ont déposé un mémorandum à l’ambassade du Nigeria pour demander le retour des lycéennes dans leurs familles.


Rfi

Dimanche 8 Juin 2014 - 11:40



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter