Solidarité chiite contre les jihadistes sunnites en Irak

En Irak, les autorités assurent avoir repris l'avantage face aux insurgés islamistes qui restent toutefois maîtres de plusieurs régions et de villes importantes, comme Mossoul, Tikrit, et Kirkouk, notamment dans le nord. Au sud de la région de Kirkouk, les rebelles sunnites tiennent également la ville de Hawija. Les autorités chiites et le gouvernement irakien tentent de mobiliser la population contre les jihadistes.



Patrouille des forces de sécurité kurdes dans la banlieue de Kirkouk, le 14 juin 2014. REUTERS/Azad Lashkari
Patrouille des forces de sécurité kurdes dans la banlieue de Kirkouk, le 14 juin 2014. REUTERS/Azad Lashkari

Les médias irakiens regorgent aujourd’hui de ces images de jeunes, même de femmes, de tribus entières qui se prépareraient à aller combattre l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). La chaîne nationale passe en boucle des clips vidéos de chansons nationalistes. Son préféré : un clip montrant un chœur de choristes qui représente toutes les communautés irakiennes, tourné devant le théâtre national de Bagdad. Tout d’abord il ne faut pas se voiler la face, même si le gouvernement irakien fait bien attention à parler de citoyens irakiens partant combattre pour la nation irakienne, ce sont surtout des chiites qui sont volontaires.

Le recrutement se fait dans le sud, par exemple dans la grande ville de Bassora ou dans les quartiers chiites de Bagdad. C’est un sursaut communautaire contre une rébellion tribale et islamique qui est, elle, sunnite : un véritable affrontement confessionnel.

Guerre des chiffres

Il y a aussi la guerre des chiffres. L’armée irakienne dit avoir repris des positions, annonce des captures ou des bilans de jihadistes tués. Mais peut-on croire l’armée irakienne ? A al-Anbar pendant des mois elle a clamé prendre demain et bientôt la ville de Fallouja et elle n'a toujours pas le contrôle de cette ville après 6 mois. Il y a aussi la rumeur : 1 000 puis 1 700 élèves soldats auraient été tués à Tikrit par les insurgés. Difficile pour le moment de le confirmer.

Les événements irakiens sont suivis de près par les Etats-Unis. Washington condamne ce massacre qui aurait été commis par les jihadistes à Tikrit. De leur côté, les républicains américains lancent l'alerte. Pour eux, le prochain 11-Septembre se prépare en Irak.
 


Réactions virulentes de la presse saoudienne contre al-Maliki

Avec notre correspondante à Riyad,Clarence Rodriguez

C’est une presse saoudienne déchainée qui n’hésite pas à tremper sa plume dans du vitriol. Et à dégainer. Sa cible ? Nouri al-Maliki.

Les journalistes saoudiens estiment unanimement que si l’Irak en est arrivé là, la faute en incombe à un seul homme, le Premier ministre irakien. Le chroniqueur du quotidienAsharq Al-Awasat n’hésite pas à accuser le Premier ministre irakien de perpétrer ces massacres pour se maintenir au pouvoir, à l’instar du président syrien Bachar el-Assad. Le quotidien Okaz est sans aucun doute le plus virulent. « Maliki est l’ennemi numéro un de l’Irak. L’EIIL, l’Etat Islamique en Irak et au Levant est le produit d’une politique confessionnelle, partisane et d’exclusion poursuivie par Maliki ». Pour le journal, l’offensive des jihadistes « est un véritable soulèvement des provinces arabes sunnites ».

Pour l’éditorialiste du journal Al-Riyad, proche des autorités saoudiennes, « il faut éviter de jouer avec le feu du confessionnalisme qui brûlera tout le monde. » Entre l’Arabie Saoudite et l’Irak, les relations se sont détériorées depuis le renversement du régime baassiste de Saddam Hussein en 2003. Une tension fratricide ranimée ces dernières années, par le conflit en Syrie.

Source : Rfi.fr
 



Lundi 16 Juin 2014 - 12:01



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