Somalie: coordination franco-américaine pour «liquider» Godane

Le 1er septembre dernier, les Américains tuaient via plusieurs drones le leader des shebabs, Ahmed Abdi, surnommé « Godane » dans la capitale somalienne Mogadiscio. Aucune précision n'avait été donnée sur cet « assassinat ciblé ». Dans un article publié dans l'hebdomadaire Le Point, le journaliste Jean Guisnel révèle l'existence d'un pacte secret scellé entre Barak Obama et François Hollande fin 2012 pour éliminer le chef des djihadistes somaliens.



La mort du chef shebab Godane, commentée ici sur CNN, a fait la Une des programmes tv et radio en Somalie. AFP/Mohamed Abdiwahab
La mort du chef shebab Godane, commentée ici sur CNN, a fait la Une des programmes tv et radio en Somalie. AFP/Mohamed Abdiwahab

« C’est un pacte qui consiste pour les Américains à aider les Français à 'liquider', c’est le terme consacré, le leader des shebabs qui s’appelle Ahmed Godane » explique Jean Guisnel. On a effectivement appris il y a quelques jours qu'Ahmed Abdi Godane avait été abattu alors qu'il était en réunion avec des hauts responsables de son mouvement à une centaine de kilomètres au sud de Mogadiscio . Et c'est un lourd arsenal qui a été mis en oeuvre pour abattre le chef shebab -missiles Hellfire et armes à guidage laser- par les forces spéciales américaines.

Selon Jean Guisnel, les Français ont contribué « au recueil du renseignement avec les Américains et les Américains fournissant les moyens de tuer ce chef shebab somalien ».

Echec de la libération de Denis Allex

Le pacte a été mis en œuvre en janvier 2013, poursuit Jean Guisnel « lorsque les Français ont cherché à libérer leur otage Denis Allex qui était aux mains de Godane  et il a été poursuivi jusqu’au 1er septembre, lorsque les Français ont fourni aux Américains –dans la plus extrême urgence- la localisation de Godane que ces derniers ne connaissaient pas ».

Denis Allex, un agent secret français, avait été capturé en juillet 2009 en Somalie. Dans la nuit du 11 au 12 janvier 2013, un commando du service d'action de la DGSE effectue un raid sur le village de Bulo Mareer, dans le sud de la Somalie où l'otage avait été localisé. La tentative de libération se solde par la mort de plusieurs personnes dont Denis Allex. « Il y a eu une collaboration, un partage, poursuit Jean Guisne. Les Français ont fourni le renseignement, sur ordre direct de François Hollande qui voulait absolument que la mort de Denis Allex fasse l’objet d’une sanction radicale  ».


Rfi.fr

Samedi 13 Septembre 2014 - 09:48



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