Somalie : un rapport de l’ONU dénonce les transactions pétrolières

Un rapport des experts de l’ONU sur l’embargo sur les armes en Somalie, dévoile une course au pétrole qui se joue depuis quelques mois dans le pays. Il met en garde contre l’absence de législation claire et s’interroge également sur une visite éclair du politique français Alain Madelin en octobre dernier.



Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud (d) et le directeur des Affaires politiques de l'ONU Jeffrey Feltman (g), le 27 juin 2013, à Mogadiscio. REUTERS/Omar Faruk
Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud (d) et le directeur des Affaires politiques de l'ONU Jeffrey Feltman (g), le 27 juin 2013, à Mogadiscio. REUTERS/Omar Faruk
C’est une menace directe pour la paix et la sécurité, selon le rapport qui, dans une annexe bien documentée, relève d’abord que la législation est floue et contradictoire. Selon la Constitution provisoire d’août 2012, les administrations régionales peuvent négocier des contrats mais, selon la loi pétrolière de 2008, c’est gouvernement central qui doit tenir le rôle.
Des contrats contradictoires
Plusieurs sociétés pétrolières, qui avaient signé des accords avant la guerre civile, où la force majeure est entrée en vigueur, cherchent à présent à revenir à la table des négociations. Mais le fait que des régions au degré d’autonomie variable, comme le Puntland ou le Somaliland, aient attribué à d’autres sociétés des blocs qui empiètent sur ceux revendiqués par Conoco ou encore British Petroleum, pose problème. Ils contredisent en effet des contrats qui datent d’avant la guerre civile.
Les experts de l’ONU rapportent également un voyage effectué par l’homme politique français Alain Madelin en octobre 2012, de Galkayo à Hobbyo. Sans pouvoir apporter des preuves irréfutables, le rapport affirme que ce voyage a été fait pour le compte de Total, citant une source confidentielle. Les experts de l’ONU s’interrogent sur les motivations de ce déplacement non officiel, à l’issue duquel, est-il écrit « des affrontements ont surgi entre milices de deux clans rivaux ». Et ils craignent que cette course au pétrole devienne un obstacle de plus aux espoirs de paix dans le pays.

 
Des soldats kényans accusés de favoriser le trafic de charbon de bois
Le Conseil de sécurité des Nations unies interdit depuis février 2012 les exportations de charbon de bois en provenance de Somalie, afin d'empêcher que cette activité ne finance les shebabs, les islamistes affiliés à al-Qaïda, qui cherchent à prendre le pouvoir en Somalie.
Mais un rapport d'experts onusiens accuse les Kényans appartenant à la Force de maintien de la paix en somalie (Amisom), de participer à un trafic illégal. Cela rapporterait, selon l'ONU, plusieurs millions de dollars par an que se partageraient les shebabs, la milice du président du Jubaland Ahmed Madobe, et des hommes d'affaires de la région.
L'armée kényanne dément ces accusations qui portent sur la période qui précède la reprise de Kismayo en septembre dernier par les forces gouvernementales somaliennes et l'Amisom. Toutefois depuis la reprise de Kismayo, l'Union africaine demande à l'ONU de lever cette interdiction d'exporter du charbon de bois de Somalie.
Demande appuyée par le Kenya qui estime que l'hostilité des négociants en charbon de bois est un handicap à l'action de la force africaine de maintien de la paix. Un argument qui ne tient pas, selon l'ONU.

Source: RFI


Lundi 15 Juillet 2013 - 11:48



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