Sommet Afrique-France: la rupture à petits pas

Le 25e sommet Afrique-France a fermé ses portes, ce mardi 1er juin. Après des discussions passionnées, lundi, sur la place de l’Afrique au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, les participants ont plaidé pour une nouvelle relation politique et économique entre la France et le continent africain. Nicolas Sarkozy a plaidé pour une relation décomplexée loin de toute suspicion d'ingérence.



Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse de clôture du 25e sommet Afrique-France, le 1er juin 2010, en compagnie (de g à d) des présidents du Cameroun, du Malawi, d'Afrique du Sud et du Premier ministre éthiopien.
Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse de clôture du 25e sommet Afrique-France, le 1er juin 2010, en compagnie (de g à d) des présidents du Cameroun, du Malawi, d'Afrique du Sud et du Premier ministre éthiopien.
« Ce sommet a été très utile pour la France et pour nous ». C’est en ces termes que le président sud-africain Jacob Zuma, l’une des vedettes de cette grand-messe, a résumé les 24 heures de discussions. Le président sud-africain, dont le pays pourrait un jour siéger au Conseil de sécurité en tant que membre permanent, s’est fait l’avocat de la réforme du système des Nations unies.

« Les temps ont changé. Des institutions qui datent de 1940 ne peuvent plus gérer les affaires du monde », a affirmé le président sud-africain qui a annoncé que le prochain sommet de l’Union africaine allait débattre de la stratégie africaine dans la perspective de cette réforme de l’ONU.

Le Camerounais Paul Biya, qui participait à la conférence de presse finale, s’est félicité du débat sur la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. « L’Afrique ne doit pas seulement chercher à obtenir de l’aide », a déclaré Paul Biya. « Elle doit apporter sa contribution à la résolution des problèmes du monde ». Le président camerounais s’est réjoui que l’Union africaine réfléchisse sur la stratégie à adopter.

"Je voudrais dire toute notre appréciation au Président Sarkozy pour l'appui fort qu'il nous apporte dans nos revendications pour une meilleure représentativité de l'Afrique au sein des instances décisionnelles du monde" a-t-il déclaré.


Bref, visiblement la diplomatie française est parvenue à convaincre ses alliés d’Afrique qu’il était nécessaire de revoir le consensus « d’Elzulwini » au terme duquel les Africains exigeaient deux sièges permanents avec droit de veto dans le futur Conseil de sécurité des Nations unies. Une position irréaliste selon les diplomates français.

Rupture?

Pour son premier sommet du genre, Nicolas Sarkozy a insisté sur sa volonté de refonder la relation entre Paris et le continent africain. Il y a d’abord les symboles, et là il y a réellement du nouveau. Le traditionnel dîner des francophones a été supprimé. « Il m’a semblé que cette distinction entre les amis et les autres n’avait guère plus de sens », a déclaré Nicolas sarkozy.
Et puis il y a les images : la conférence de presse finale avec, autour de Nicolas Sarkozy, quatre chefs d’Etat. Trois anglophones et un seul francophone.

Durant ces vingt-quatre heures, le président français a été plein d’attention pour son homologue sud-africain, qu’il tutoie en public et qu’il appelle d’ailleurs par son prénom : Jacob. Il y a aussi le Premier ministre éthiopien. Meles Zenawi a visiblement séduit les Français. « C’est un brillant Premier ministre qui gouverne 80 millions d’Ethiopiens », affirme une bonne source française qui n’a visiblement pas envie de s’attarder sur les ratés du processus démocratique éthiopien.

Sur le fond en revanche, la rupture n’est pas évidente. Nicolas Sarkozy le reconnaît lui-même : « Entre indifférence et ingérence, c’est difficile de trouver la bonne ligne », a affirmé le président français. Cette formule « ni ingérence, ni indifférence » avait été employée par le Premier ministre socialiste Lionel Jospin, en 1997, lors d’un discours devant les députés maliens. 1997, 2010… Le chantier de la rupture est visiblement toujours d’actualité !

RFI

Mercredi 2 Juin 2010 - 11:41



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