Sommet de l'Elysée: ce qu'il faut retenir de la première journée

Une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement sont présents à Paris ce week-end à pour le sommet de l'Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique. Un rendez-vous préparé de longue date, depuis précisément le sommet de l'Union africaine en mai dernier. Une vingtaine d'Etats avaient alors émis des contributions concrètes pour un nouveau partenariat. Celles-ci sont discutées au cours du sommet. La première journée a été marquée par les hommages à Nelson Mandela, disparu jeudi soir. La Centrafrique, où les évènements s'accélèrent, a également été au coeur des préoccupations.



Devant un portrait géant de Nelson Mandela, François Hollande prononce son message d'ouverture du sommet de l'Elysée, le 6 décembre 2013. REUTERS/Yoan Valat/Pool
Devant un portrait géant de Nelson Mandela, François Hollande prononce son message d'ouverture du sommet de l'Elysée, le 6 décembre 2013. REUTERS/Yoan Valat/Pool

La situation en Centrafrique et Nelson Mandela donnent à cette rencontre une tonalité particulière. « C'est un sommet exceptionnel. J'appelle donc à une alliance exceptionnelle entre l'Afrique et l'Europe, au service de la paix », a déclaré François Hollande.
 

■ « Mandela a accéléré le cours du monde »

 

 

Le président français s’est même éclipsé devant celui qu’il a qualifié de « héros » en lui laissant une place d'honneur à ce sommet. « C’est Mandela qui dirige les travaux de cette réunion », a-t-il tout simplement conclu.
 

L'hommage à l'icône de la lutte anti-apartheid s'est poursuivi avec les mots de deux personnalités sud-africaines, la ministre des Affaires étrangères et la présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma.

Tous les dirigeants présents se sont ensuite levés pour observer une minute de silence, toujours sous le haut patronage de Nelson Mandela, parrain malgré lui de ce sommet pour la paix et la sécurité en Afrique.
 

■ RCA: l'intervention française fait l'unanimité
 

« Exactions », « situation humanitaire grave » : pour François Hollande, l'intervention militaire française en RCA, c'est la première des priorités. Les Centrafricains appellent à l'aide : « Aujourd'hui, au coeur de l'Afrique un peuple est en souffrance. Il nous appelle. Nous ne pouvons plus laisser les massacres se perpétrer. Cet engagement n'est pas simplement sécuritaire, il doit être humanitaire, parce que c'est aussi notre devoir. »
 

La France se retrouve, une fois de plus, en pointe dans ce conflit centrafricain. Présent à l'Elysée pour l'ouverture du sommet, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a salué cet engagement militaire : « Je remercie le président Hollande et le gouvernement français pour sa prompt action face à cette crise tragique. »
 

Incapables de gérer cette nouvelle crise, les chefs d'Etats africains présents à Paris, notamment Mahamadou Issoufou, président du Niger ont reconnu le rôle fondamental de la France : « La France est incontournable, elle l'a prouvé au Mali, et elle le prouve en ce moment en Centrafrique. Et la France est accueillie à bras ouverts par les Africains. »
 

Si Paris est soutenue de toute part, sur le terrain, les militaires français ne sont pas pour le moment, par manque d'effectifs, en mesure de prendre le contrôle de Bangui.
 

Dès la fin du sommet paix et sécurité, une réunion spéciale sur la Centrafrique doit se tenir à l'Elysée, autour de François Hollande. Sont attendus les présidents Denis Sassou Nguesso, Ali Bongo et Idriss Deby.
 

■ L'heure d'écrire une nouvelle page dans les relations françafricaines
 

Lors du sommet de l'Union africaine en mai dernier, à Addis Abeba, le chef de l'Etat français avait promis un partenariat d'une autre nature avec l'Afrique.
 

Hier, en ouverture du sommet au palais de l'Elysée, le chef de l'Etat français a estimé que les « temps ont changé, une période nouvelle s'ouvre où l'Afrique doit maîtriser pleinement son destin, et pour y parvenir, assurer pleinement par elle-même sa sécurité. »
 

Au coeur de cette refondation : le projet d'une force de réaction rapide africaine. Le projet n'est pas nouveau mais il prend une nouvelle tournure aujourd'hui.
 

François Hollande reprend à son compte un projet porté par l'Union africaine et sa présidente de la Commission, Nkosazana Dlamini-Zuma. Cette Force de réaction rapide africaine se veut une force d'intervention efficace, bien formée et surtout capable de se déployer en des temps record pour endiguer une situation de crise, comme au Mali ou en Centrafrique : « Il faut qu'à l'avenir, les Français n'aient plus à venir jouer les pompiers chez nous », explique un diplomate africain. Pourtant, faute de réelle volonté politique, ce projet n'a jamais réussi à émerger.
 

« C'est la responsabilité des Africains de maîtriser aujourd'hui leur sécurité, a martelé hier le président Hollande, mais la France est prête à apporter son concours, prête à former, à équiper, et apporter du renseignement aux armées africaines. »
 

Le président français annonce que la France est disponible, « si vous en décidez », à entraîner 20 000 soldats africains par an, et à mettre à la disposition de l'Union africaine son savoir-faire militaire et technologique.
 

Ce concept, longtemps regardé comme une chimère, pourrait-il rapidement voir le jour ? Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, donne une échéance : 2015. Reste le nerf de la guerre : l'argent.
 

Hier, François Hollande s'est tourné vers les Européens : « L'Europe doit savoir se montrer solidaire et responsable dans ce projet. » Une autre façon de convaincre l'Europe à s'engager pleinement sur un dossier, porté avant tout par Paris.
 

Enfin, la sécurité, c'est aussi le développement. Le président français a rappelé aussi qu'il avait décidé de consacrer 20 milliards d'euros sur les cinq prochaines années, sous forme de dons et prêts. Mais l'objectif de la France, a précisé François Hollande, est de doubler en cinq ans ses échanges commerciaux avec le continent.

Source : Rfi.fr
 


Dépêche

Samedi 7 Décembre 2013 - 09:40



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