Sommet de l’UA: la Centrafrique et le Soudan du Sud au cœur des débats

Les dirigeants de l’Union africaine se retrouvent ce jeudi 30 janvier à Addis-Abeba, en Éthiopie, pour un sommet de deux jours qui sera essentiellement consacré aux crises en Centrafrique et au Soudan du Sud. Un sommet marqué par le grand retour de Madagascar après cinq années de suspension de l’Union africaine, mais également par l’absence du président burkinabè Blaise Compaoré.



La force d’intervention rapide dont la mise en place se fait toujours attendre, les conflits en Centrafrique et au Soudan du Sud, ainsi que la crise égyptienne, occuperont bien vite les débats.

 

Ce mercredi déjà, le ton a été donné lors de la réunion du Conseil de paix et de sécurité. Le président guinéen Alpha Condé, dont le pays préside cet organe de l’institution, a invité l’Égypte à s’exprimer. Une première pour un pays suspendu de toute activité. « L’Égypte est un grand pays africain, membre fondateur de l’OUA. La loi constitutionnelle a été adoptée. Et vous savez le poids de l’Égypte tant au Moyen-Orient qu’en Afrique. Nous avons invité une délégation afin de les écouter, ce qu’il ne veut pas dire qu’ils reviennent dans l’Union africaine », a cependant tempéré Alpha Condé. Après la très large victoire du « oui » au référendum sur la Constitution, l’Union africaine va-t-elle donc revoir sa position sur l'Égypte ? En tout cas, une clarification s’impose, car des voix s’élèvent déjà pour condamner cette politique de deux poids-deux mesures au sein de l’Organisation.

 

Autre débat en perspective, la Caric, la Capacité africaine de réponse immédiate aux crises. Les chefs d’État vont tenter de sauver la face après avoir étalé leurs divisions depuis que l’idée d’uneforce d’intervention rapide  a été lancée il y a un an. La présidence éthiopienne, qui s’achève ce jeudi, a vécu le retard de cette force comme un camouflet. Elle espère que les dirigeants pourront réaffirmer ensemble la prééminence de l’Union africaine dans chaque déploiement de force dans un pays en crise.

Concernant les conflits au Soudan du Sud et en Centrafrique, les chefs d’État devraient réaffirmer sans difficulté leur volonté d’aider ces deux pays à rétablir la paix et à régler leurs différends internes.

 

Les présents, les absents

Madagascar fait son grand retour  après avoir été suspendue pendant cinq ans de toute participation aux activités de l’UA. La Grande Île sera représentée par son président fraîchement élu, Hery Rajaonarimanpianina, qui devrait être ovationné lors de la cérémonie d’ouverture. Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a en revanche une plus grande expérience de la diplomatie, mais ce sera la première fois qu’il vient à Addis-Abeba en tant que chef d’État.

 

Le sommet de l’Union africaine qui s’ouvre ce jeudi sera le deuxième consécutif sans le président béninois Thomas Boni Yayi. Autre absent, le président Blaise Compaoré, d’habitude très assidu, a décidé de rester au Burkina Faso. « Pour le moment, aucun départ sur Addis-Abeba n’est prévu. Mais le président peut se décider de s’y rendre à la dernière minute. Tout peut changer. Il en a l’habitude », a confié à RFI un proche du président.

Cette absence de Blaise Compaoré à Addis-Abeba est la conséquence de la situation interne du Burkina Faso. Depuis les démissions et les turbulences au sein du parti au pouvoir, la grande mobilisation contre la mise en place du Sénat  et la modification de l’article 37 de la Constitution, le président ne dort plus aussi tranquillement, disent les analystes politiques. Dans une lettre adressée à la presse, un groupe de personnalités juge ainsi que la situation politique nationale au Burkina Faso devient « de plus en plus délétère ».

 

Pour le juriste et analyste Abdoul Karim Sangho, le président burkinabè est fragilisé par le départ de ses anciens camarades de parti. « Il risque de perdre toute crédibilité sur le plan externe. Ce sont des raisons politiques et psychologiques difficilement supportables pour lui », souligne-t-il.

 

Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a également préféré rester dans son pays en raison du conflit qui l’oppose à son ancien vice-président Riek Machar. Des dirigeants en difficulté ont malgré tout décidé d’assumer leur fragilité. C’est le cas du Premier ministre libyen Ali Zeidan. Du côté des partenaires de l’UA, sera notamment présent la vice-secrétaire d’État américaine chargée des affaires africaines, Linda Thomas-Greenfield. Elle viendra entre autres préparer lesommet USA-Afrique  de Washington en août prochain.


Rfi.fr

Jeudi 30 Janvier 2014 - 12:29



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