Sommet sur les migrations à Malte: consensus sur l'urgence d'agir

La première journée du sommet sur la migration à Malte s'est achevée mercredi soir par un dîner de travail des chefs d'Etat africains et européens. La réunion se poursuit ce jeudi avec le lancement d'un fonds fiduciaire de 1,8 milliard d'euros pour financer des projets de développement et de gestion de la migration en Afrique. L’ouverture a été marquée par un consensus sur la nécessité de stopper la tragédie des morts en mer ou dans le désert.



Une soixantaine de dirigeants africains et européens, tête baissée à la nuit tombée, rendant hommage aux naufragés de la Méditerranée. A l'image de cette minute de silence observée par les chefs d'Etat avant les discussions, cette première journée de sommet à Malte était d'abord une journée de consensus.

Consensus sur la tragédie refusée, sur le refus des morts sur les routes. Consensus, ensuite, sur le fait que seule l'amélioration des conditions de vie en Afrique, que ce soit politiquement ou économiquement, pourra tarir le flot des départs.

Pour les moyens à mettre en œuvre en revanche, les positions ont été différentes. Dès les premiers discours, côté européen, on en a appelé à un engagement plus ferme des pays de départ pour dévelpper leurs économies et améliorer leur gouvernance, notamment en matière d'Etat de droit et de respect des droits de l'homme.

Les Africains tapent du poing sur la table

Côté africain, en revanche, à l'image de la présidente de la Commission africaine, on a voulu remettre l'émigration africaine dans le contexte de l'histoire longue des relations entre les deux continents.

« L'Afrique aussi a été un lieu d'accueil pour la migration européenne, même avant la colonisation, a déclaré Nkosazana Dlamini-Zuma. Pendant et après la Deuxième Guerre mondiale, des réfugiés européens, des demandeurs d'asile et des aventuriers se sont réfugiés jusqu'à la pointe sud de l'Afrique pour des raisons commerciales ou pour s'installer. Ils ont été les bienvenus. A l'époque, il n'y a pas eu de crise des migrants européens en Afrique. »

Le président sénégalais Macky Sall, au nom de la Cédéao, ainsi que le président nigérien Mahamadou Issoufou, ont également fait comprendre que le bon vouloir était une chose, mais que les ressources financières pour répondre aux demandes européennes en étaient une autre.

Et de plaider pour une aide plus importante de l'Europe à l'Afrique, mais aussi plus intelligente. « Ensemble, refusons la stigmatisation, la politique des barricades et le repli sur soi, a plaidé Macky Sall. Ce n’est pas la voie de l’avenir. La voie de l’avenir pour nous, c’est celle de la collaboration et des partenariats. »

Une réunion autour de François Hollande

Au programme de cette seconde journée, ce jeudi matin, une rencontre de François Hollande avec les dirigeants africains autour de la COP21. Le président français devrait une nouvelle fois rappeler le lien entre climat et crise des migrants.

Une cérémonie doit ensuite lancer officiellement le fonds fiduciaire qui doit servir à financer des projets de développement et de gestion des réfugiés en Afrique. Un fonds de 1,8 milliard d’euros qui vient s’ajouter à l’aide au développement des pays européens.

Hier, la plupart des chefs d’Etat africains ont exprimé leur gratitude, mais ils ont aussi estimé que ce montant était bien insuffisant pour faire face aux problèmes. C’est aussi l’avis exprimé par François Hollande.

La journée doit se terminer par un Conseil européen extraordinaire convoqué ici à La Valette pour un dernier tour de table sur les accords conclus et l’agenda de l’année qui vient.
source:rfi.fr


Dior Niang

Jeudi 12 Novembre 2015 - 10:27



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