Son président en prison, l'Aprodeh demeure toujours active au Burundi

Le président de l’Association pour la protection des prisonniers et des droits humains (Aprodeh), Pierre-Claver Mbonimpa, a été arrêté et écroué à la prison centrale de Bujumbura, après avoir dénoncé une formation militaire qui serait dispensée à de jeunes Burundais dans l’est de la RDC, ce que nie catégoriquement le gouvernement burundais.



À 66 ans, Pierre-Claver Mbonimpa, le vieux défenseur des droits de l’homme, croupit dans la prison centrale de Bujumbura depuis pratiquement un mois. Mais l’Aprodeh, l’organisation qu’il a créée il y a une dizaine d’années, aujourd’hui la principale organisation de défense des droits de l’homme au Burundi, continue d’être présente sur le terrain. Médard est assis au bord d’une table basse, en plein milieu du hall d’entrée de l’immeuble qui abrite le bureau national de l’Aprodeh. Ce jeune homme, âgé d’une vingtaine d’années à peine, est là pour un motif bien précis. « Je suis ici pour me joindre à tous ceux qui sont déjà venus signer cette pétition qui demande à la justice de libérer Mbonimpa et de mener de véritables enquêtes sur ses allégations pour qu’on sache la vérité. » Des sympathisants se succèdent ainsi toute la journée, mais dans les autres bureaux de l’Aprodeh, on n’y fait plus attention. Ici, des spécialistes de l’écoute interrogent des victimes de violation des droits de l’homme.


Là, trois cadres discutent de leur programme de visite des cachots de police de Bujumbura. Dans une autre salle, un responsable donne des directives à des observateurs sur le terrain, dans différentes provinces du Burundi. « Son absence ne peut pas manquer d’avoir des retombées négatives, mais nous continuons à travailler et nous sommes déterminés, explique Richard Nimubona, chef de programme à l’Aprodeh. Nous allons continuer à dénoncer les violations qui sont commises à gauche, à droite. » Malgré cette volonté de continuer l’oeuvre Pierre-Claver Mbonimpa, le vide qu’il a laissé derrière lui est immense, quasi palpable. « Notre président, c’est un guide, c’est le cœur, témoigne ainsi une assistante. C’est le père de la famille de l’Aprodeh. L’association vraiment, souhaite la libération de notre président. » En attendant, pas de place au découragement. « Nous sommes sûrs que notre Mbonimpa nous reviendra plus déterminé que jamais », lance une autre assistante, les yeux pleins d’espoir. »

Rfi.fr

Samedi 14 Juin 2014 - 12:08



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