Soudan: des pluies torrentielles causent la mort de plus de 100 personnes

Au Soudan, la nouvelle vague de pluie torrentielle qui touche le pays depuis deux semaines a causé la mort de plus de 100 personnes dans l'ensemble du pays. Le Nil a enregistré son plus haut niveau dans l'histoire du pays et les habitants de plusieurs Etats ont fui leurs habitations.



C'est dans l'Etat du Kassala, à la frontière avec l'Erythrée, que cette pluie torrentielle et incessante a fait le plus de dégâts. La situation est également critique dans quatre autres Etats du Soudan.

Des milliers d'habitants ont été contraints de quitter leurs habitations envahies par l'eau et emportées par les flux. Dans ces zones rurales, les maisons n'intègrent pas le béton dans leurs constructions et ne résistent donc pas aux inondations.

A Kassala, les eaux débordant de la rivière Gash ont envahi plusieurs villages. Certains habitants ont transformé le bois de leurs lits en planches de sauvetage pour échapper à l'eau qui les a encerclés. Les inondations ont emporté leurs bétails et eux-mêmes étaient obligés de se réfugier dans des huttes sur les collines avoisinantes.

Les routes vers Khartoum, la capitale, sont toujours coupées et les aides ne suffisent pas, surtout en matière de nourriture et de médicaments. L'eau potable manque également et les enfants boivent dans des flaques boueuses.

Selon un témoin contacté par RFI, les provisions sont acheminées par hélicoptère vers certains villages coupés du monde mais les efforts des organismes humanitaires restent insuffisants.

Selon le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), les inondations ont touché plus de 122 000 personnes et détruit 13 000 habitations dans plusieurs régions du Soudan, depuis début juin.

« Même durant le record de 1913, il y avait moins d’eau »
Joint par RFI, vendredi, Ali Badaoui, agriculteur et habitant la ville d’Al-Qadarif située à l’est du Nil, témoigne de la situation :

« La pluie s’est poursuivie toute la journée. Elle ne s’arrêtait que quelques minutes pour reprendre aussitôt. Cela dure ainsi depuis une semaine, sans arrêt, du matin au soir. C’est le plus haut niveau atteint dans une saison de pluie. Même durant le record de 1913, il y avait moins d’eau. Les torrents ont causé énormément de dégâts. Du côté de Hamachkourine, il y a eu 1 500 maisons détruites. Ici les maisons sont construites avec des matériaux locaux, sans béton. Dans cette ville, tout le bétail a été emporté par la crue : les chameaux, les vaches et les moutons. Il y a même eu cinq personnes qui ont disparu. Notre ville Al-Qadarif est une ville d’agriculture mais l’eau ne s’en va pas. C’est l’une de plus grandes villes au monde qui produit le maïs et le sésame. Nous plantons 13 millions d’hectares », a fait état Ali Badaoui.

Rfi.fr

Mardi 16 Août 2016 - 00:45



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