Soudan du Sud: la guerre menace sur deux fronts

« Les forces sont prêtes à avancer sur la ville de Bor », a déclaré ce lundi 23 décembre le président Salva Kiir devant les députés. L'armée soudanaise, qui se prépare à une offensive majeure contre les forces rebelles du vice-président déchu Riek Machar, avait stoppé sa progression pour permettre notamment aux Américains d'évacuer leurs ressortissants de la zone. Désormais, l'heure est à l'offensive. Mais dans l'État de l'Unité, un autre front menace de s'ouvrir.



Les soldats de la SPLA, l'armée régulière sud-soudanaise, sont prêts à avancer sur Bor. REUTERS/Goran Tomasevic
Les soldats de la SPLA, l'armée régulière sud-soudanaise, sont prêts à avancer sur Bor. REUTERS/Goran Tomasevic

La guerre semble désormais inévitable autour de la ville de Bor. Dans cette bourgade de 30 000 habitants, vide de ses occupants depuis la semaine dernière, les hommes de Peter Gadet qui ont rejoint le camp de Riek Machar y attendent de pied ferme les forces loyalistes qui ont fait mouvement depuis Juba, à 200 kilomètres de là.
 

Un deuxième front menace de s'ouvrir dans les jours qui viennent à Bentiu, capitale de l'État de l'Unité. Le major général James Koang, rallié à Riek Machar, est menacé par Matthew Pul Jang, un ancien chef rebelle, ex-leader de la SSLA (Southern Sudanese Liberation Army). Celui-ci a donné trois jours à James Koang pour rentrer dans les rangs. Sinon, prévient-il, il attaquera Bentiu. Au passage, Matthew Pul Jang demande aux Nations unies d'évacuer les lieux avec les milliers de réfugiés.
 

La perspective d'un conflit dans cet État est d’autant plus inquiétante qu'il abrite les principaux champs pétroliers du pays. Par ailleurs, on s'interroge sur les motivations réelles de Mathew Pul Jang, qui fut longtemps un allié de Khartoum. Certains voient dans son ultimatum non pas une preuve de sa loyauté envers le président Salva Kiir, mais plutôt la main du Soudan, qui pourrait prendre à travers lui le contrôle des champs pétroliers de Bentiu.
 

 

L'ONU veut renforcer ses effectifs au Soudan du Sud

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni ce lundi 23 décembre afin d'augmenter les effectifs de la Minuss, la Mission des Nations unies au Soudan du Sud.

 

Les diplomates de l’ONU en conviennent : avec seulement 7 000 hommes, dont 4 000 soldats au Soudan du Sud, les casques bleus sont largement impuissants. Les affrontements se sont maintenant étendus à une grande partie de ce territoire de la taille de l’Espagne et du Portugal réunis. Ban Ki-moon demande 5 500 soldats supplémentaires.
 

Le président du Conseil de sécurité, Gérard Araud, prévient : le renforcement ne produira pas de miracle. « Soyons clairs, les Nations unies, qui ont à peu près 4 000 combattants, qui pourraient en avoir 9 000, ne pourront absolument pas protéger les civils au Soudan du Sud, étant donné la taille du pays », a-t-il annoncé.
 

Les troupes de l’ONU vont essentiellement protéger les bases où quelque 45 000 civils ont trouvé refuge. Un chiffre qui ne cesse de grossir. La représentante américaine, Samantha Power, a jugé que l’avenir du Soudan du Sud, l’État le plus jeune de la planète, « est maintenant en jeu ».

Source : Rfi.fr
 


Dépêche

Mardi 24 Décembre 2013 - 10:42



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