Soudan du Sud: les pourparlers tardent à commencer alors que la situation se dégrade

Au Soudan du Sud, on attend toujours le début des pourparlers de paix, qui pourraient commencer, jeudi 2 janvier, à Addis-Abeba, en Ethiopie. Sur le terrain, les combats se poursuivent malgré un ultimatum de dirigeants africains lancé aux deux parties pour qu’elles cessent les hostilités au 31 décembre. Les Nations unies dénoncent des « atrocités » commises dans le pays.



Attendues mardi à Addis-Abeba, les deux délégations arriveront, peut-être, ce mercredi soir dans la capitale éthiopienne. Du côté du gouvernement sud-soudanais, toujours pas de nouvelles sur la composition de la délégation. Pour les rebelles, un observateur joint par RFI affirme que Rebecca Garang, la veuve du chef historique de la rébellion contre Khartoum, n’ira finalement pas à Addis-Abeba. Le mouvement rebelle de Riek Machar avait pourtant annoncé, dans un premier temps, qu’elle dirigerait la délégation.

 

Pour ceux qui doivent s’y rendre, la logistique n’est pas simple. L’un des participants partirait en avion, un autre par la route, un troisième viendrait de New York. Un quatrième, un ancien ministre, détenu quelques jours la semaine dernière à Juba, aurait été empêché de prendre l’avion.

 

Des charniers découverts dans les zones de combats

Sur le terrain, la prise de la ville stratégique de Bor par les rebelles a été confirmée. Ces derniers disent toujours marcher en direction de Juba. Selon leur porte-parole, ils auraient pris deux villes entre Bor et Juba ces dernières heures, et seraient désormais tout près de la capitale. Riek Machar insiste sur le fait que ses troupes ne cesseront pas les combats tant que les négociations n’auront pas commencé.

 

La Minuss, la mission des Nations unies au Soudan du Sud, annonce par ailleurs la découverte d’un grand nombre de corps dans plusieurs villes du pays : à Juba, Malakal, Bor ainsi que dans les Etats du Haut-Nil et de Jonglei. Il s’agirait aussi bien de civils que de soldats. Ceux-ci auraient été exécutés après avoir été faits prisonniers.

 

Depuis deux semaines, de nombreux témoignages ont fait état de crimes à caractères ethniques commis dans plusieurs régions du pays. Le Haut commissariat aux droits de l’homme a dénoncé, il y a plusieurs jours déjà, des « exécutions de masse et le ciblage d'individus en fonction de leur appartenance ethnique » et a affirmé avoir trouvé plusieurs charniers.


Rfi

Mercredi 1 Janvier 2014 - 15:08



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter