Soudan du Sud: les rebelles perdent la ville stratégique de Bor

Au Soudan du Sud, l'armée affirme avoir pris le contrôle de la ville de Bor dans l'Etat de Jonglei, qu'elle avait perdue fin décembre. Une victoire que s’attribue également l’armée ougandaise. Dans le même temps, à Addis-Abeba, les discussions s’enlisent et les délégations ont été déménagées dans un endroit plus propice aux pourparlers que le luxueux hôtel qu’elles occupaient.



Soudan du Sud: les rebelles perdent la ville stratégique de Bor
L'armée sud-soudanaise a repris le contrôle de Bor. C'est ce qu'a annoncé son porte-parole, le colonel Philip Aguer, samedi 18 janvier. La rébellion confirme l'évacuation de la ville et parle de repli tactique. Cette victoire des forces loyalistes semble largement due aux Ougandais, dont la force aérienne a fréquemment été utilisée ces dernières semaines, ainsi que des centaines de soldats au sol.

L’Ouganda s’adjuge la victoire


D'ailleurs, cette victoire a été revendiquée quasiment au même moment par Paddy Ankunda, de l'armée ougandaise qui annonce sur Twitter : « L’UPDF [l’armée ougandaise, ndlr] a pris la ville de Bor ». Yoweri Museveni, le président ougandais, ne cache pas son soutien total à Salva Kiir depuis le début de la guerre et l'armée a reconnu avoir envoyé 1 600 de ses hommes. 

 

A l'origine, les Ougandais avaient indiqué que des forces spéciales avaient pour mission d'évacuer leurs ressortissants, qui sont nombreux à travailler dans le pays. Une de leur base importante se situe au-delà du pont de Juba, sur la route qui mène à Bor. Dans le reste du pays, Malakal est toujours aux mains de l'opposition, et l'armée gouvernementale, qui a fini par reconnaître en avoir été chassée, affirme qu'une contre-offensive est en préparation.


Finis les fastes du Sheraton pour les négociateurs


A Addis-Abeba, en Ethiopie, mais aussi à Juba, où se trouvait ces jours-ci l’équipe de médiation, les négociations sur le Soudan du Sud traînent en longueur, et sont pour ainsi dire toujours bloquées sur le sort réservé aux prisonniers politiques proches des rebelles. Malgré les rumeurs d’un cessez-le-feu imminent, on semble encore loin d’un accord. Face à cette impasse, la médiation et ses partenaires ont pris une décision qui peut paraître anecdotique : déplacer les discussions et le logement des délégations d’un palace du centre-ville vers un hôtel plus modeste et plus isolé.


Il y a quelques jours, un diplomate donnait ce conseil : « Je serais la médiation, j’isolerais les délégations dans un endroit moins prestigieux, un peu perdu, et sans aucune distraction. » Il a été entendu, puisque les représentants du gouvernement et des rebelles sud-soudanais quittent ce week-end le confortable Sheraton, pour un hôtel de bien moindre standing. Cette stratégie avait déjà fonctionné il y a quelques temps lors d’autres négociations, entre Khartoum et Juba cette fois.De plus, à l’approche du sommet de l’Union africaine, il était de toute façon nécessaire de libérer des chambres pour d’autres diplomates et de démarrer les procédures de sécurité. En outre, la polémique sur le coût de ce logement enflait, car le séjour tous frais payés au Sheraton est un vrai luxe.


L'UE met la main à la poche


 Jusqu’à présent, selon les informations recueillies par RFI, c’est la troïka constituée des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Norvège qui assumaient la majorité du financement, mais la médiation vient de recevoir un nouvel appui de taille, puisque l’Union européenne a débloqué plus d’un million d’euros. D’abord réticente, l’UE a finalement ouvert le portefeuille, grâce à ses bonnes relations avec l’Igad, l’organe régional en charge des pourparlers, et à la supervision de l’Union africaine.

Ce déménagement va-t-il débloquer la situation ? Ce serait évidemment trop simple. Encore ce samedi, les délégations ont assuré être prêtes à signer une cessation des hostilités. Un document existe, mais tout reste bloqué sur cet inextricable problème des prisonniers politiques. Et une source proche des discussions confiait à RFI que l’impasse était totale, et que chaque partie espérait surtout toujours l’emporter sur le terrain.


Rfi.fr

Dimanche 19 Janvier 2014 - 10:45



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