Soudan du Sud: pour les femmes, «l’endroit le plus dangereux au monde»

Zeinab Bangura, la responsable des Nations unies en charge des questions de violence sexuelle dans les conflits, témoigne de ce qu’elle a vu au Soudan du Sud. Dans les camps de déplacés, les femmes sont victimes de viols à répétition de la part de membres de l'armée ou de miliciens de l'opposition favorable à Riek Machar.



Zeinab Bangura est rentrée effarée de ce qu'elle a vu au Soudan du Sud, et en particulier à Bentiou, l'un des principaux foyers d'affrontements au Soudan du Sud. Les viols sont le quotidien des femmes qui vivent dans les camps de déplacés, victimes des hommes en armes qui contrôlent les point de passage. La reponsable des Nations unies en charge de la violence sexuelle affirme n'avoir jamais vu un nombre aussi important de viols que dans ce pays.
Zeinab Bangura dénonce à la fois le comportement de l'armée et des miliciens de l'opposition favorable à Riek Machar. Elle en appelle aux deux camps pour qu'ils cessent les combats et mettent un terme à ces harcèlements sexuels. La responsable de l'ONU décrit les conditions de vie des femmes dans les camps de déplacés à Bentiou, au nord du Soudan du Sud : « Quand les femmes tentent de sortir pour aller chercher des vivres ou même de l’eau, elles doivent franchir plusieurs points de contrôle. Et c’est là où elles sont régulièrement violées. »
 
Les pires conditions
 
« Vous savez, explique-t-elle, il y a beaucoup d’endroits dans le monde où l’insécurité est terrible : la Centrafrique, la Syrie… Mais Bentiou rassemble les pires conditions ! Bentiou est l’endroit le plus dangereux au monde pour les femmes ! C’est ce que j’ai pu constater sur place. » « Les femmes de Bentiou m’ont demandé de faire passer un message, rapporte Zeinab Bangura. Elles m’ont dit de convaincre, à la fois le président et l’opposition, de cesser les combats. Ils doivent signer un accord de paix ! Ils doivent s’assurer que cet accord sera mis en œuvre ! »,insiste-t-elle.
 
« J’ai discuté avec les représentants des Nations unies à Bentiou, poursuit Zeinab Banguera, ils n’ont pas encore assez de casques bleus. Leur nombre doit être augmenté à Bentiou ! Mais il faut d’abord leur installer des locaux et d’autres choses de ce type avant de pouvoir déployer davantage de casques bleus ! » Au Soudan du Sud, environ 100 000 personnes ont trouvé refuge dans des bases de l'ONU.

RFI

Lundi 13 Octobre 2014 - 00:51



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