Soudan du Sud: un commandant militaire fait défection dans l’Etat de l’Unité

Au Soudan du Sud, alors que la pression monte à la fois des pays de la région et de la communauté internationale pour pousser à des négociations, l'option militaire semble toujours sur la table, avec des affrontements vendredi soir 20 décembre au sein de la division à Bentiu, dans l'Etat de l'Unité, région frontalière avec le Soudan. Son commandant militaire a annoncé sa défection. L'Etat de l'Unité accueille de nombreux puits pétroliers qui ont été le théâtre d'accrochages entre employés nuer et dinka.



Des soldats sud-soudanais à Juba, la capitale, le 21 décembre 2013. REUTERS/Goran Tomasevic
Des soldats sud-soudanais à Juba, la capitale, le 21 décembre 2013. REUTERS/Goran Tomasevic

James Koang Chol affirme que des rumeurs mettant en question sa loyauté vis-à-vis du président Salva Kiir  ont commencé à enfler vendredi.
 

« J’ai été pendant longtemps un membre de la SPLA [l’armée sud-soudanaise, ndlr] et du SPLM[le Mouvement de libération du peuple du Soudan, le parti au pouvoir], explique le militaire au micro de RFI, mais quand j’ai été attaqué vendredi, il y avait des rumeurs qui couraient selon lesquelles je n’était pas loyal au gouvernement. »

 

Un groupe de soldats, au sein de son unité, auraient reçu l'ordre de Juba de le tuer et il n'aurait eu d'autre choix que celui de se défendre. Les affrontements ont duré plus de quatre heures. « Nous avons réussi à les repousser », raconte le commandant.
 

Aux côtés de Riek Machar
 

Il affirme qu'à l'origine, il n'était pas dans son intention de faire défection, mais il reconnaît maintenant avoir rallié Riek Machar : « Il y a des tensions au sein de nos forces, et j’ai compris que le gouvernement ne voulait plus de moi, que je n’étais plus des leurs, donc j’ai décidé de rejoindre un autre groupe parce que je ne peux aller nulle part ailleurs. »
 

D'autres sources évoquent une réunion avec le gouverneur intérimaire, en place depuis avril dernier, où il se serait vu annoncer qu'il n'était plus le commandant de la division, ce qui l'aurait poussé à prendre les armes pour ne pas perdre un poste hautement stratégique.

James Koang Chol affirme contrôler depuis samedi la totalité de la division, soit des milliers de soldats, ainsi que tout l'équipement. La perte de Bentiu est un coup sévère pour le régime de Juba. La division 4 est en effet l'une des mieux armées et les plus puissantes du pays, car elle défend l'Etat de l'Unité, frontalier avec le Soudan, qui accueille les puits pétroliers les plus productifs.

Source : Rfi.fr
 


Dépéche

Dimanche 22 Décembre 2013 - 09:03



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