[Spécial Guinée] Guerre des bilans et jeux d’alliance avant la présidentielle

Cinq après son arrivée au pouvoir en Guinée, Alpha Condé remet son mandat en jeu le 11 octobre. Face à lui, sept candidats, à commencer par Cellou Dalein Diallo, qui compte bien prendre sa revanche après sa défaite au deuxième tour en 2010, qu'il juge illégitime. Mais d'autres ténors de l'opposition, comme Sydia Touré ou Lansana Kouyaté, espèrent tirer leur épingle du jeu. Et chacun avance ses pions pour trouver d'éventuels alliés. Analyse.



Le président guinéen Alpha Condé, lors d'une conférence de presse, le 27 août 2015. AFP/CELLOU BINANI
Le président guinéen Alpha Condé, lors d'une conférence de presse, le 27 août 2015. AFP/CELLOU BINANI

Beaucoup pensent que le scrutin de ce 11 octobre ne suffira pas pour désigner le président des cinq ans à venir. A la présidentielle de 2010, il a fallu deux tours pour qu’Alpha Condé, le candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), l’emporte d’une courte tête (52,5% des voix), devant Cellou Dalein Diallo, le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Aux législatives de 2013, même scénario. Le RPG d’« Alpha » n’a gagné qu’avec une très courte majorité face à l’UFDG de « Cellou », alliée à l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré. Cette année, beaucoup d’observateurs estiment donc que la présidentielle se jouera en deux tours, comme en 2010.

La grande question du moment est donc de savoir qui virera en tête au terme du premier tour de ce 11 octobre. Du côté de l’opposition, le candidat « Cellou », 63 ans, qui reste persuadé qu’on lui a « volé » la victoire en 2010, fait une campagne de proximité, non seulement dans son fief peul de Moyenne-Guinée, mais également dans toutes les régions du pays. Dans tous ses meetings, il accuse le président Alpha Condé de ne pas avoir tenu ses promesses en faveur du développement du pays. « Avec un taux de croissance moyen inférieur à 5 % par an, la Guinée est loin derrière la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire, qui atteignent des taux supérieurs à 7 % », affirme-t-il.

Certes, l’épidémie d’Ebola, qui a tué depuis vingt mois quelque 2 500 Guinéens et qui a longuement paralysé l’activité économique du pays, ne peut être mise au passif du président sortant. Mais le numéro 1 de l’opposition affirme que, même avant l’épidémie, les scores économiques de la Guinée étaient nettement inférieurs à ceux de ses voisins. « Cellou » dénonce aussi « l’insécurité grandissante » dans Conakry. En novembre 2012, Aïssatou Boiro, la directrice du Trésor public, a été assassinée en pleine rue de Conakry à bord de son véhicule. En février dernier, Thierno Aliou Diaouné, le coordonnateur d’un fonds onusien, a connu le même sort dans des circonstances similaires.

Source : Rfi.fr



Jeudi 8 Octobre 2015 - 00:14



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