Stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest : ce qui grippe réellement la machine


Depuis hier, des chercheurs membres de la CEDEAO et de l’Union Européenne (UE) et des praticiens de la Société civile sont à la quête de solution pour la stabilité de la démocratie et la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest. En marge du 4ème symposium régional annuel organisé par le Gorée Institute, les divergences ethniques, « l’excès » de pouvoir accordé aux chefs d’Etat et l’installation des multinationales sont désignés entre autres comme étant les facteurs qui gangrènent cette aspiration.



Qu’est-ce qui plombe réellement l’aile de la démocratie en Afrique de l’Ouest nonobstant  la floraison d’organisations de la Société civile? C’est pour résoudre cette équation qui ne finit pas d’obséder tout un continent que des experts se sont réunis à l’Institut de Gorée. A cet effet, les spécialistes venus des 15 pays de la CEDEAO ont décelé une kyrielle de dysfonctionnements parmi lesquels « l’excès » de pouvoir donné aux chefs d’Etat qui souvent, contrôlent les pouvoirs judiciaire et législatif.
 
En ce sens, la Gambie semble s’ériger en tête de peloton avec un dirigeant dont les actes, déplore-t-on,  ne favorisent guère l’instauration d’une démocratie surtout participative avec la majorité des gambiens qui restent dans l’expectative. Aussi, le musellement des médias fait que la démocratie bat encore de l’aile au pays de Yaya Djammeh.
 
Par ailleurs, si la démocratie est toujours mal en point en Afrique de l’Ouest, les divergences ethniques notées dans plupart de ses pays membres en sont pour une large part aux yeux des experts qui citent la Sierra Léone comme un exemple de pays bipôlarisé sur la base ethnique. En cela, s’ajoutent l’analphabétisme et l’installation dans la sous région des sociétés multinationales qui remarque-t-on, sont même plus puissantes que les gouvernements. Au Libéria, la gabegie dans les dépenses de l’Etat constitue un frein redoutable à cette stabilité de la paix avec 50 millions de dollars dépensés pour des véhicules et 100 millions pour des frais de voyage, au moment où le paiement des salaires des professeurs reste un problème entier. Un système judiciaire qui ne rend pas justice à la population et un problème de distribution des terres sont loin de simplifier les choses.
 
Toutefois, même s’il demeure le bon élève de la classe, le Sénégal n’est pas tout à fait exempt de reproches car le régime sénégalais donne aussi au président d’importants pouvoirs qui lui permettent d’avoir en quelque sorte le contrôle sur les autres pouvoirs. Ainsi, pour consolider cette démocratie tant vantée, les chercheurs dans ce domaine exhortent le pays de la « teranga » à « revisiter » son régime politique, à procéder à l’élection et non à la nomination des membres du bureau de son Assemblée nationale, sans oublier de rationaliser ses partis politiques et leur fonctionnement. Le Sénégal, pour continuer à honorer son titre d’exemple de démocratie, doit aussi, suggère-t-on, régler le problème du dialogue « en panne », résoudre la problématique de la Société civile souvent accusée de politicienne déguisée par le pouvoir, mais également statuer sur la question de l’autonomie financière de la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) et invalider le délit d’offense au chef de l’Etat.
 

Matar Séne

Jeudi 28 Novembre 2013 - 18:08



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