Statut de son chef: l'opposition redirigée vers Abdoulaye Daouda Diallo



Selon la présidente du Groupe parlementaire des Libéraux et Démocrates, Aïda Mbodj, «les relations difficiles, heurtées voire conflictuelles entre le régime du président Macky Sall et l’opposition préoccupent les chefs religieux, la société civile, les amis du Sénégal et tous les compatriotes attachés à l’approfondissement de la démocratie».

«Il y a un an, presque jour pour jour, le chef de l’Etat soumettait à référendum un projet de réformes constitutionnelles dont les points 1 et 7 avait respectivement trait à la modernisation du rôle des partis politiques et au renforcement des droits de l’opposition et de son chef. A travers ces deux (2) réformes, le Chef de l’Etat et son gouvernement s’engageaient à reconnaître un statut à l’opposition et garantir les conditions d’un dialogue permanent, hélas un an après l’adoption de cette réforme, force est de reconnaître que les droits de l’opposition plutôt que d’être renforcés, sont régulièrement ignorés voire piétinés. La revue du Code électoral, la fixation du nombre des députés de la diaspora et la clé de répartition, la date des prochaines élections et le montant de la caution n’ont pas fait l’objet d’un consensus faute d’un dialogue franc et sincère entre le pouvoir et l’opposition, il s’y ajoute l’affaire Khalifa Sall, le recours systématique à l’appareil judiciaire pour régler les problèmes politiques. Ces pratiques n’honorent pas le président de la République ni le gouvernement encore moins le Sénégal», cogne la responsable libérale qui réclame des «garanties pour la pacification du climat politique, pour le renforcement de la démocratie et des droits de l’opposition, l’impartialité de notre système judiciaire, la transparence du processus électoral et du scrutin à venir».

La réponse du Premier ministre ne tarde pas. Mahammad Dionne nie des relations difficiles». «Il n’y a que des relations entre le pouvoir et l’opposition», dit-il. «La démocratie ne doit pas être la conséquence de deals sur le dos du peuple», embraie-t-il toutefois. Et d’ajouter: «Il faut que les choses soient claires, je pense en terme de principes». Et, à l’en croire, «(le président Macky Sall) garant de la Constitution, s’évertue tous les jours, à la faire respecter. Et dans cette Constitution, il y a des principes, c’est l’égalité de tous devant la loi, sinon on ne peut plus parler de lois».
 
Selon lui, «aujourd’hui, il y a émotion parce que le Procureur de la République est en train de convoquer des responsables qui sont de la majorité mais personne n’en parle et c’est normal, il faut que la Justice fasse son travail. Il y a ici à Guédiawaye, ici à Pikine, des responsables de la majorité qui sont déférés devant la chambre de discipline financière de la Cour des comptes et c’est cela la loi générale et impersonnelle et il faut que cela continue comme cela».

«Au prix du dialogue, il ne faut pas sacrifier le peuple… Chacun joue son rôle et c’est normal qu’il en aille ainsi en démocratie», déclare Mahammad Dionne.

Sur le statut du chef de l’opposition, le Premier ministre d’interpeller Aïda Mbodj : «C’est qui le chef de l’opposition ? Il ne peut pas être désigné ex nihilo, il sera le fruit d’un dialogue et le président de la République est ouvert à ce dialogue… »; la condition étant que la classe politique (opposition et pouvoir) s’accordent sur «un schéma» avant de défendre le projet de loi. 

«Le président de la République a mis en place la commission sur le dialogue politique présidée par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. C’est à la classe politique de savoir qui doit incarner le chef de l’opposition. Pour sa part, le Chef de l’Etat est prêt. On parle de dialogue mais il faut être clair, la loi ne peut pas être rétroactive. La loi dispose pour l’avenir quand vous serez tous ensemble autour du ministre de l’Intérieur d’accord sur un schéma, est-ce le chef de l’opposition parlementaire ? Est-ce le candidat arrivé deuxième lors de la présidentielle 2012 ? Qu’est-ce qu’on va privilégier ?  C’est qui le Chef de l’opposition, nous reviendrons ici ?», a-t-il précisé. 
 


Jeudi 23 Mars 2017 - 22:49



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