Subventions Tabaski: à défaut de couvrir les dépenses, les 40.000 F CFA de Khalifa Sall servent de "bouche trou"

C'est l'effervescence à l'approche de la fête de l’Aïd el Kébir (Tabaski). Dans ce sens, le Centre de Promotion et de Réinsertion Sociale (CPRS) de Liberté 3 refuse du monde depuis quelque temps. Amassées devant ledit centre, beaucoup de femmes comptent sur les subventions de la mairie de Dakar pour compléter les ruineuses dépenses de la Tabaski.



Certaines groupées devant un tableau où une liste est affichée, d’autres assises à même le sol, au moment où certaines font la queue. C’est le décor du CPRS sis à Liberté 3, ce mercredi matin.
 
En chemise blanche carrelée et pantalon de couleur sombre, le Directeur du CPRS, Lamine Diop multiplient les va-et-vient entre la file et les bureaux du centre, histoire de mettre de l’ordre et d’orienter les bénéficiaires.
 
Interpellé, il explique: «Au fait, ce n’est pas nous qui donnons directement les aides mais c’est plutôt la ville de Dakar. Puisque l’action sociale est une compétence transférée. Du coup, tout ce qui est aide, prise en charge médicale ou prise en charge sociale, pour plus de légitimité, de valeur juridique au niveau de la ville de Dakar, ils font transiter les dossiers  par la CPRS».
 
En ce qui concerne le processus d’octroi des subventions, il précise que «c’est à l’entame des fêtes ». De ce fait, «que ce soit pour les pâques ou la Tabaski, la ville de Dakar appuie les populations les plus vulnérables pour leur venir en aide à travers leurs services d’actions sociales».
 
Le Directeur du CPRS d’indiquer sur les critères de sélection, qu’«il faut d’abord résider dans la circonscription de la ville  de Dakar, avoir un certificat de domicile établi par les délégués de quartier, plus la copie de la carte d’identité nationale».

Bénéficiaire de la subvention, Beukeu Paye soutient que les 40.000 ne peuvent pas couvrir leurs dépenses. Pour elle, la somme en poche, il s’agit maintenant de «se débrouiller pour la compléter et acheter un mouton». Mais 40.000 F CFA, c’est mieux que rien, semble dire Beukeu Paye.

«Je commence d’abord par remercier Dieu, remercier aussi le maire Khalifa Sall pour ces aides. Et aussi Cheikh Gueye. Nous ne pouvons que nous réjouir et prier pour lui», tient-elle toutefois à préciser. Et de dire: «La somme qu’on nous octroie bien vrai qu’elle ne peut pas couvrir toutes nos dépenses mais nous allons nous débrouiller, la compléter pour avoir un mouton».
 
Ndeye Khady Coulibaly est du même avis. Venue de Castor, la bénéficiaire se dit tout d’abord «contente» parce que souligne-t-elle : «ce sont 40 000 F CFA qui sont réduits de leurs dépenses».
 
Cependant, elle exhorte les autorités à augmenter la somme dans la mesure où, selon elle, «cette somme ne peut même leur permettre d’acheter un mouton et ne peut pas non plus couvrir les dépenses de la Tabaski». «Ce que je demande une fois encore, si les autorités décident d’aider la population, par exemple 300 personnes doivent bénéficier de cette aide et que chaque commune ait un quota  bien déterminé ». Ainsi, «ceux qui ne pourront pas en bénéficier pourront se débrouiller autrement», propose la mère de famille.
 
Programme spécifique aux Sénégalais, les bénéficiaires doivent «adresser une lettre au maire de la ville de Dakar pour un appui ou un secours pour la Tabaski», affirme le Directeur du CPRS. Monsieur Diop d’ajouter qu’«on peut avoir plusieurs demandes déposées et ne pas bénéficier de la subvention ». Car, constate-t-il : «Après les enquêtes, certaines personnes s’avèrent beaucoup plus aisées qu’ils ne le laissent croire».

Pour cette année, la ville a octroyé des allocations à 5.000 personnes dans le département de Dakar. Le CPRS de Liberté 3 polarise cinq (5) communes: Grand Yoff, Hann Bel Air, Deupeul Derklé et Hlm. 
 


Jeudi 8 Septembre 2016 - 01:36



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