Sur les bords du lac Tchad, au cœur de la folie meurtrière de Boko Haram

Quoi de pire que de ne rien comprendre aux motivations de ceux qui veulent vous tuer ? Sous un appentis qui le protège d’un soleil de plomb, Nassiru, Nigérian de 43 ans, ne cesse de penser à ce qui a pu pousser ses voisins et ses amis à rejoindre Boko Haram.



Sur les bords du lac Tchad, au cœur de la folie meurtrière de Boko Haram
Originaire du village de pêcheurs de Boro Baga, sur le lac Tchad, pris d’assaut début 2015 par le groupe djihadiste, il a entamé un périple de plusieurs semaines, d’île en île, pour se mettre à l’abri à Baga Sola. A l’écart de cette petite ville tchadienne du bord du lac, visée par cinq kamikazes en octobre 2015, il tourne en rond dans un camp de réfugiés.

« Ces diables disent qu’ils font le travail de Dieu, ils tuent chrétiens et musulmans, ils pillent et trafiquent comme des gangsters, violent les femmes. Mais ils veulent quoi ? Le pouvoir ? Régner sur une région qu’ils ont détruite ? »

20 000 victimes

Paysan raffiné, Nassiru s’interroge. Son visage se crispe et ses yeux se ferment lorsqu’il se souvient des horreurs qu’il a vues. Parfois, sa tête plonge dans sa gandoura pour sécher des larmes qu’on ne doit pas voir.

Que veulent-ils donc, ces djihadistes, la plupart illettrés, souvent drogués et faméliques, autrefois portés par la chimère d’un califat dirigé par des chefs qui aujourd’hui se déchirent publiquement ? Le mouvement, l’un des plus meurtriers de la planète, a causé la mort de plus de 20 000 personnes dans la région.

lemonde.fr

Vendredi 19 Août 2016 - 08:49



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter